
Ambitieux. C’est le mot utilisé par Jean-Louis Borloo, le ministre de l’écologie de l’aménagement et du développement durables (MEDAD), pour qualifier les objectifs fixés par le comité de suivi du Grenelle sur les déchets, le 20 décembre. En substance, la production de déchets devra décroître de 5 kg par habitant et par an sur la période 2008-2012, soit une baisse de 25 kg par personne sur 5 ans. Les capacités de recyclage devraient être poussées de façon significative, de façon à atteindre 45% de déchets ménagers recyclés en 2015 contre un peu plus de 25% actuellement, et 75% pour les emballages pour 60% aujourd’hui.
Les producteurs de déchets vont également faire l’objet de mesures concernant le traitement des produits en fin de vie. Financièrement, ils participeront au recyclage des emballages à hauteur de 80% contre un peu moins de la moitié aujourd’hui. Que ce soit pour les meubles ou les produits dangereux, des filières de " responsabilité financière élargie ", seront créées. En transférant le poids du recyclage des citoyens aux producteurs, les parties prenantes espèrent inciter ces derniers à les réduire.
Incinérateurs : ça coince
Enfin, un objectif de réduction de 15% des déchets destinés à l’enfouissement et l’incinération d’ici à 2012, a été arrêté. Il doit être couplé avec deux taxes découlant de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), symbole du principe " Pollueur-payeur ". Si les associations écologistes affichent un certain contentement concernant ce bilan, certaines, comme le Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNIID)(2), regrettent toutefois " l’incohérence qui consiste à continuer à autoriser de nouveaux incinérateurs ". Dans une logique de réduction des déchets, la construction d’incinérateurs supplémentaires peut, en effet, apparaître contradictoire. A la fin du Grenelle, la suspension de tout nouveau projet avait été décrété dans l’attente des décisions finales du comité de suivi. La question n’a finalement pas véritablement été tranchée. Elle sera " abordée localement pour chaque projet ", précise le ministère.