« 2008, c’est l’année du grand retour de l’agriculture dans le débat, dans l’économie, dans la société (…) Ses défis sont ceux de l’alimentation (autosuffisance, accessibilité – notamment des fruits et légumes – et développement du bio) et du développement durable » a déclaré, hier, Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche.
Objectif PAC
Présentant ses « grands chantiers » pour 2008, il a évoqué quelques unes de ses propositions pour contribuer au bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC), et notamment le redéploiement des aides.
Les cours actuels des denrées alimentaires étant suffisamment rémunérateurs, Michel Barnier propose de diminuer certaines aides, notamment celles destinés aux grandes exploitations, pour alimenter un fonds pour « la régulation et la stabilisation des marchés, et la prévention et la réparation des crises sanitaires et écologiques », mais aussi pour soutenir certaines productions (production ovine, agriculture biologique et production laitière en montagne). La réforme de la PAC de 2003 permet aux gouvernements de prélever jusqu’à 10% de l’enveloppe des aides pour valoriser des types d’agriculture respectueux de l’environnement, biologiques ou de qualité.
La mise en œuvre des mesures du Grenelle
Sur la question controversée des OGM, Michel Barnier souhaite que soit mis en place une « commission de débat publique » qui permettrait de « débattre sur le terrain, de faire reculer les peurs ». Il appelle également à « aller au bout des évaluations scientifiques » avec nos partenaires européens et à « poursuivre la recherche sous toutes ses formes, y compris en plein champ ».
Pour répondre aux attentes du Grenelle de l’environnement, Michel Barnier propose de tripler les surfaces consacrées à l’agriculture biologique à l’horizon 2012. Pour y parvenir, la recherche sera développée, 15 millions d’euros sur 5 ans seront destinés à un fonds de structuration des filières et la France oeuvrera, dans le cadre du bilan de la PAC, à l’établissement d’une aide spécifique à l’agriculture biologique .
Le plan « Ecophyto 2018 » participera également à la mise en œuvre des mesures du Grenelle en supprimant progressivement les 53 molécules les plus dangereuses, dont 30 d’ici fin 2008 et en réduisant de 50% l’usage des pesticides « dans la mesure du possible » dans un délai inférieur à 10 ans.