
Le tourisme équitable devient aujourd’hui un véritable créneau. ©RDS
Fondateur en France d’une des toutes premières agences de tourisme équitable, Vincent Ducotterd travaille en ce moment, avec deux autres associations, à la création d’un véritable label.
Un label tourisme équitable ? On en prend peu à peu le chemin… Cette volonté de lisibilité et de reconnaissance résulte du travail combiné de trois associations, spécialistes du « voyage utile » : la route des sens, à Puéchabon (34), Croq’nature, à Argelès-Gazost (65) et Tourisme et développement solidaires (TDS), à Angers (49).
La route vers l’obtention de cette distinction a commencé avec l’élaboration d’une première « Charte pour le tourisme équitable », suite à la décision de ces trois agences de mutualiser leurs efforts. « L’histoire veut que trois structures, au même moment, en 1997, aient lancé, en France, le tourisme solidaire. Avec Croq’nature et TDS, nous nous sommes simultanément engagés dans une démarche assez proche sans connaître nos existences. Nous nous sommes découverts par médias interposés… Dans le mois qui a suivi, nous nous sommes rencontrés et avons commencé à créer l’ébauche de réseaux qui existent aujourd’hui, tels l’ATES (Association pour le tourisme équitable et solidaire), ou la fédération Loisirs Vacances Tourisme (LVT). Nous avons également décidé d’adhérer à la plate-forme du commerce équitable. Dans ce cadre, nous avons proposé la rédaction d’une première charte définissant les principes de base de notre activité », raconte Vincent Ducotterd, fondateur de la route des sens.
Une évaluation des opérateurs
Permettant de poser les jalons, de définir des règles en matière de tourisme équitable, cette première mouture a notamment fait référence, sous les gouvernements Jospin et Raffarin, pour édicter des lois sur cette nouvelle activité.
Un second outil est cependant aujourd’hui à l’étude, et devrait être finalisé d’ici un mois. Il s’agit de la charte ATES, qui fait mention de critères de définition beaucoup plus précis et scrupuleux. Et devrait être assortie, d’ici 3 à 4 mois, d’un outil d’évaluation. « Ainsi, tout opérateur de tourisme solidaire souhaitant être reconnu peut s’engager à suivre la charte, se faire évaluer et devenir membre de l’ATES », précise Vincent Ducotterd.
La finalisation de ce nouvel outil représente une étape capitale dans l’obtention du label tourisme équitable, qui, lui, prendra davantage de temps et nécessite l’intervention d’organismes certificateurs. « Mais, au final, ce sera un repère, une garantie pour nos publics : pour obtenir le label, les opérateurs devront satisfaire toutes les exigences de la charte et seront jugés sur la base de celle-ci par un organisme indépendant », poursuit le fondateur de la route des sens.
Et il devient nécessaire de poser des gardes-fous : de plus en plus d’opérateurs se lancent sur le terrain du tourisme équitable… « On a tout d’abord parlé de cette activité comme d’un mouvement de mode. Puis, l’engouement étant toujours croissant, on a dit qu’elle s’inscrivait dans l’air du temps. Aujourd’hui, l’augmentation notable du volume de voyages de chaque structure et le fait que de grands groupes, du type Nouvelles Frontières ou groupe Accor, se lancent eux aussi dans le tourisme solidaire, montrent qu’il est devenu un véritable créneau », conclut Vincent Ducotterd. (19 avril)