vendredi 30 juillet 2010 - n°840

Commerce équitable : Un label pour les collectivités

Pierre Salcio, responsable des relations extérieures chez Max Havelaar France.©Tanguy Cadieu/Naja
Porté par Max Havelaar, le projet « Territoire du commerce équitable » consiste à développer des dynamiques de développement du commerce équitable à partir des collectivités. Un label triennal serait attribué à celles qui respectant un cahier des charges. Expérimentations en cours.
« Il s’agit de créer une dynamique du commerce équitable au niveau des territoires, à partir des collectivités ». Pierre Salcio est le responsable des relations extérieures de Max Havelaar France. Avec ses homologues de Belgique (Max Havelaar Belgique) et de Grande Bretagne (Fairtrade Foudation), l’ONG porte le projet « Fairtrade Towns in Europe », décliné en « Territoires du commerce équitable » en France. Le concept n’est pas nouveau. Au Canada, en Angleterre, en Irlande… des collectivités sont engagées dans ce type de démarche. Il s’agit pour une collectivité de s’inscrire dans une politique de commerce équitable, et de susciter autour d’elle un cercle vertueux engageant le maximum d’acteurs locaux, qu’ils soient économiques, sociaux, associatifs, consulaires, publics, privés…

Une charte en cinq points

« Nous proposons aux collectivités une charte basée sur un cahier des charges en cinq points », explique Pierre Salcio. Le premier concerne la collectivité elle-même. Elle est invitée à adopter une délibération concernant sa politique d’achats publics, par laquelle elle s’engage à acheter des produits issus du commerce équitable. Deuxième temps, « contribuer à augmenter l’offre ». Il s’agit de sensibiliser les artisans et commerçants, les réseaux de distribution locaux, à la problématique du commerce équitable pour les inciter à rentrer dans la démarche, à proposer des produits.
Le troisième objectif consiste à inviter les entreprises, les organismes publics et privés, à rentre dans le même processus que celui de la collectivité, aussi bien dans leurs pratiques d’achat que dans une perspective de promotion du CE. Le quatrième objectif réside dans les initiatives de la collectivité en faveur de la communication, de l’organisation d’événements à l’échelle de son territoire. Et enfin, la charte « Territoires du commerce équitable » prône la mise en place d’un système de gouvernance participative, avec la création d‘un conseil local pour le commerce équitable.

Les élus locaux partants

Le 25 avril dernier, lors d’une table ronde organisée dans le cadre du Forum national du commerce équitable, Jean-Marc Brulé a laissé transparaître son enthousiasme face à la présentation de ce projet. « C’est exactement ce qu’il nous faut », a commenté le conseiller régional d’Ile-de-France, président de la commission développement de l’économie et de l’emploi, mais aussi de l’Atelier, un centre ressource créé fin 2007 par la Région pour accompagner les porteurs de projets de l’économie solidaire et sociale. Il n’est pas le seul élu à s’être intéressé à ce projet. « Nous travaillons actuellement avec une vingtaine de collectivités », confie Pierre Salcio, expliquant que la charte peut-être envisagée à tous les échelons du territoire : communes, départements ou régions. Des travaux sont en cours à Lyon, à Tour, dans le Nord-Pas-de-Calais par exemple.
Pour l’instant, « Territoires du commerce équitable » travaille à la sensibilisation des collectivités. L’organisation reçoit pour cela une aide de l’Union européenne de 25 000 € par an pendant trois ans. Son objectif est de généraliser sa campagne à compter de 2009. L’ONG Max Havelaar accorderait le label « territoire du commerce équitable » pour une durée de trois ans, renouvelable, si tout va bien.


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