vendredi 30 juillet 2010 - n°840

Europe Brésil : Accord sur des objectifs communs

Jose Manuel Barroso président de la Commission européenne, Luis Inacio Lula da Silva président du Brésil et Nicolas Sarkozy président en exercice de l’Union Européenne.©communautés européennes
Le mini sommet Union européenne-Brésil qui s’est déroulé lundi à Rio a débouché sur un plan d’actions exposant des priorités communes aux deux parties en faveur de propositions pour le G20 du mois d’avril consacré à la crise financière et économique. Accord portant aussi sur le changement climatique, les négociations de Doha dans de cadre de l’OMC, la déforestation en Amazonie. Hier, lors d’une rencontre bilatérale, la France a reçu pour 6 Md€ de commandes d’armements.
Barrières douanières européennes pesant sur la canne à sucre, élaboration d’un plan d’actions commun en faveur du climat, propositions communes au G20 du mois d’avril consacré à la crise : le mini sommet Union Européenne Brésil qui s’est déroulé à Rio lundi avait soigneusement été préparé. Il conforte aussi le rapprochement entre les deux partenaires, l’UE représentant 25% des exportations du Brésil et ce dernier, un fort potentiel de développement à l’export pour les entreprises européennes. Appelant le président du Brésil, à « travailler ensemble, la main dans la main » avec l’Europe, Nicolas Sarkozy a estimé que « ce n’est pas un choix mais un devoir.
Nicolas Sarkozy dont c’était la dernière sortie publique en tant que président en exercice de l’Union Européenne, Jose Manuel Barroso président de la Commission européenne et Luis Inacio Lula da Silva président du Brésil s’étaient donné rendez-vous pour aborder également la question de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU pour lequel le Brésil revendique un siège permanent avec le soutien de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Partager les efforts de l’Europe contre les GES

Les négociations du cycle de Doha de l’OMC, aujourd’hui dans l’impasse, ont fait l’objet de discussions avec d’un côté, des agriculteurs européens qui y sont largement opposés et de l’autre, des producteurs brésiliens qui appellent de leurs vœux la libéralisation complète des marchés. Production principalement visée, la canne à sucre que les brésiliens transforment en biocarburant, plaçant le pays au deuxième rang mondial du secteur derrière les Etats Unis. 
Un accord semble aujourd’hui possible si, en contrepartie, Lula accepte d’engager son pays « sur des objectifs chiffrés en matière de réduction de la déforestation et d’aménagement de l’Amazonie ». C’est ce qu’a fait Lula lundi en annonçant que son pays réduirait la déforestation amazonienne de 71% d’ici à 2017 et de 80% à l’horizon 2020. Il répondait ainsi favorablement à la demande du président de l’Union européenne qui, après l’adoption du paquet énergie climat par le parlement européen la semaine dernière, entend bien que la démarche du vieux continent soit généralisée de manière à ce que tous les pays émetteurs de GES supportent les mêmes efforts que ceux qu’elle vient de s’imposer.

8,6Md€ de ventes d’armes pour la France

Hier, Nicolas a poursuivi sa visite au Brésil en coiffant cette fois la casquette de Président de la République française. Au programme des discussions, d‘importants contrats de vente d’armes. EADS livrera au pays 50 hélicoptères de transport EC-725 pour 1,9 milliard d’euros. Pour sa part, la filiale du groupe européen Eurocopter investira 300 M€ dans une unité locale d’assemblage des engins. La DCNS équipera la marine brésilienne de 4 sous-marins à propulsion nucléaire pour plus de 4,1 Md€. Ces deux contrats signés par les deux parties représentent un carnet de commande de 6 Md€ que Nicolas Sarkozy ramènera dans ses bagages.


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