vendredi 30 juillet 2010 - n°840

Etat-régions : Polémique sur le TGV

Le chef du gouvernement a embarqué hier matin avec 18 ministres et secrétaires d’Etat à bord d’un TGV rebaptisé « train de la relance ». Tout un symbole. ©DR
« Pas assez ambitieux » en Languedoc-Roussillon, « manque de concertation » en PACA ou encore « moyens insuffisants » dans plusieurs villes, comme Toulouse : l’annonce du développement des lignes à grande vitesse (LGV) soulève la polémique dans l’hexagone. Selon les 1000 mesures du Plan de relance, annoncées hier par François Fillon, 300 millions d’euros seront consacrés au ferroviaire (contre 400 pour le réseau routier et 170 pour le fluvial et le maritime). Une somme jugée bien insuffisante par les Collectivités qui affirment devoir faire face à des coûts énormes, bien supérieurs à leur budget.
Le président du conseil régional du Languedoc-Roussillon et de la communauté d’agglomération de Montpellier ne mâche pas ses mots. « En fait de plan de relance, il s’agit ni plus ni moins que d’une simple réécriture budgétaire puisque toutes les opérations concernant notre région étaient déjà inscrites, et depuis belle lurette, au Contrat de Projet État-Région (CPER) : A 75, RN 88, RN 106, RN 116, modernisation de la ligne ferroviaire Alès-Langogne, canal du Rhône à Sète, ou le contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier, commentait, hier, Georges Frêche. Pour être à la hauteur des enjeux posés par la crise économique, nous attendons notamment du gouvernement l’inscription en priorité de la ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan. C’est une nécessité économique, écologique et européenne indiscutable ». Même type de commentaire à Toulouse où le problème du financement du TGV demeure un sujet majeur, les collectivités locales craignant de ne pouvoir débourser les milliards d’euros que le Gouvernement leur demande pour la réalisation des lignes à grande vitesse Paris-Toulouse et Bordeaux-Toulouse.
Autre son de cloche, mais tout autant polémique, en PACA où le projet LGV Paris Nice n’en finit pas de semer la discorde. Deux tracés sont en compétition pour cette liaison qui doit mettre Nice à moins de quatre heures de Paris d’ici 2020. Plusieurs milliers de manifestants, ont déjà défilé samedi, aux abords de la gare TGV d’Aix-en-Provence contre le « tracé nord ».

 Certains, habitants des régions concernées, associations de vignerons et d’écologistes, protestaient plus directement contre la création de la LGV elle-même.

Relance par le TGV ?

La SNCF est pourtant l’une des premières bénéficiaires du nouveau Plan de relance du Gouvernement. C’est d’ailleurs en TGV que François Fillon est venu, hier matin, annoncer à Lyon les mesures qui seront prises pour relancer la croissance, accompagné d’une douzaine de ministres. Mais, les 300 millions d’euros annoncés par le Premier ministre pour le ferroviaire, seraient bien insuffisants, selon les Collectivités qui, par manque de budget, voient leurs projets de développement avancer à … petite vitesse.


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