
Maria Nowak, présidente de l’Adie, a participé à la création de la première institution française de microfinance en 1988.©Romain Joly/Adie
AdieConnect devrait être mis en ligne d’ici la fin du mois d’avril par l’Association pour le droit à l’initiative économique. Créée en 1988 l’institution de microfinance accorde des prêts au porteurs de projets excluent du système bancaire. Les prêts inférieurs à 2000 € pourront être contractés via l’internet.
L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) devrait mettre en ligne d’ici la fin du mois AdieConnect. Ce site Interrnet en attente des autorisations administratives de la CNIL, permettra d’obtenir directement des prêts inférieurs à 2000 €. Les porteurs de projets pouvant solliciter un microcrédit (demandeurs d’emplois, bénéficiaires des minima sociaux, personnes exclues du marché bancaire traditionnel du fait de leur situation financière), pourront remplir leur dossier en ligne et, après avoir fourni les pièces justificatives à l’Adie, obtenir dans un délai de 5 jours le déblocage des sommes sollicitées. Pour des sommes plus importantes, il faudra continuer à s’adresser à une des 380 permanences de l’association.
Outre la zone dédiée à la demande de prêts, le site AdieConnect comprendra un espace communautaire et une rubrique destinée à l’accompagnement des entrepreneurs. Certaines sous rubriques seront en libre accès, d’autres nécessiteront une inscription sur le site et la saisie d’un mot de passe, la partie financière étant de son côté complètement sécurisée, une sécurisation qui est justement soumise aux autorisations de la CNIL.
Des besoins en microcrédit croissant au rythme de la crise
« La création d’AdieConnect s’inscrit dans le cadre plus vaste de la promotion de l’entreprenariat populaire en France », a commenté Maria Nowak. Selon la présidente et cofondatrice en 1988 de l’association, dans le contexte économique et social actuel deux éléments viennent conforter cette initiative. « Les nouvelles technologies changent complètement la donne. Elles permettent de travailler en réseau et à distance et, de se mettre plus facilement à son compte ». Par ailleurs, la création du statut d’auto-entrepreneur dans le cadre de la Loi de Modernisation de l’Economie (LME) et la crise économique incitent « de plus en plus de gens à créer leur propre boîte ».
Sur près de 3 millions d’entreprises répertoriées à ce jour dans l’Hexagone, environ 92% entrent dans la classification des très petites entreprises ou micro-entreprises comptant moins de 10 salariés. Maria Nowak y voit une bonne raison de « développer les instruments financiers qui permettront de soutenir les nouveaux entrepreneurs ».
Cela conduit également l’association qui bénéficie d’un statut spécial pour pouvoir contracter des emprunts auprès des banques afin de pouvoir prêter elle-même des fonds à des porteurs de projet, à rechercher d’autres sources de financement. Elle tente notamment un rapprochement avec Babyloan, site lancé en juillet qui permet à des particuliers de prêter des fonds à des institutions financières de microfinance intervenant dans les pays du Sud. Un partenariat entre les deux organismes pourrait permettre à des personnes physiques de financer une part des crédits distribués par l’Adie en France, mais cela nécessiterait aussi une modification des textes législatifs encadrant le crédit. Un chantier qui ne fait pas peur à Maria Nowak..