
Les représentants de 192 pays se retrouvent du 1er au 12 juin à Bonn pour un nouveau round de négociations sur le climat en vue d’un accord en décembre, à Copenhague ©DR
A moins de sept mois du Sommet de Copenhague sur le climat, une première ébauche de texte est discuté à Bonn par les représentants de 192 nations, du 1er au 12 juin, lors du deuxième round de négociation sous l’égide de l’ONU. Si le démarrage des débats semble constructif selon les observateurs, les obstacles à un accord international ambitieux sont nombreux. Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et le financement du futur accord climatique restent les deux points majeurs de discorde.
Si un consensus international est encore loin d’être atteint, la première ébauche de texte qui a été déposé lundi 1er juin à Bonn (Allemagne) démontre l’avancée de négociations qui s’accélèrent. Finie l’époque où des hommes politiques comme Georges Bush allaient jusqu’à douter de la réalité du réchauffement climatique. Tous les chefs d’état de la planète sont aujourd’hui déterminés à donner naissance en décembre à Copenhague à un nouvel accord sur le climat qui remplacera le Protocole de Kyoto en 2012. Selon Michael Zammit Cutajar, rédacteur du document de plus de 120 pages remis à Bonn, le texte a été « globalement bien accueilli » comme « point de départ des négociations », malgré les critiques de plusieurs pays dont les États-Unis. Les douze jours de discussions qui s’annoncent montreront si ces premières propositions globales représentent une base sérieuse pour des pays aux intérêts bien souvent divergents.
Un milliard de dollars pour l’Afrique
Car les sujets de désaccords restent importants. L’un des principaux points d’achoppement : le soutien aux pays les plus pauvres. Selon les Nations-Unies, l’Afrique aurait ainsi besoin « d’au moins un milliard de dollars par an pour faire face aux effets du changement climatique : îles qui disparaissent, nouvelles techniques de culture, déplacement des gens qui vivent dans des zones à risque, etc… ». L’enjeu est déterminant pour un continent qui contribue peu au réchauffement climatique mais en subit largement les conséquences. Si les pays « riches », dont la France, sont conscients du problème, aucun consensus ne s’est encore dessiné si ce n’est le projet de « Fonds vert international » envisagé la semaine dernière à Paris lors de la deuxième réunion préparatoire des 17 états membres du Forum des économies majeures sur l’énergie et le climat (MEF).
Alors que les nations les plus puissantes s’inquiètent d’aggraver la crise qui les frappe en dépensant trop dans les pays pauvres, ces derniers leur réclament de faire face à leurs responsabilités. Ils leur demandent de réduire leurs émissions de CO2 de 25 à 40% en 2020 par rapport à 1990, ce qui permettrait, selon les experts climatiques, de limiter la hausse des températures à travers le monde à 2°C. Si l’Europe se dit prête à suivre en cas de consensus international, nombre de pays, dont les Etats-Unis et le Canada, sont encore bien loin de cet objectif. Les USA avancent le chiffre de 17% de réduction des gaz à effet de serre en 2020 par rapport à … 2005.