jeudi 2 septembre 2010 - n°864

Emploi : Sarkozy pour un nouvel ordre social mondial

Le chef de l’État propose la mise en place d’un système de régulation sociale internationale qui soit le pendant de la régulation des marchés financiers dont les pays du G20 ont décidé la mise en place le 2 avril à Londres. Il a proposé "une révolution sociale" et le renforcement du rôle de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) face aux institutions financières.
Après le sommet du G 20, tenu le 2 avril dernier, et dont l’une des mesures phares concernait la mise sous surveillance des paradis fiscaux, la refondation de l’économie mondiale a connu un nouvel épisode avec le discours du Président de la République à Genève, hier, dans le cadre du sommet de l’Organisation Mondiale du Travail (OIT) sur la crise de l’emploi. Réuni avec une dizaine de chefs d’états, dont le brésilien Lula, Nicolas Sarkozy a appelé à une régulation de la mondialisation : "Il faut changer de modèle de croissance. Le monde ne peut pas être gouverné par la seule loi de l’offre et de la demande". Revenant sur le G 20 il a aussi exhorté ses participants à "aller au bout de ce qui a été entrepris". "Nous avons une responsabilité historique à ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier, y faire obstacle" a-t-il ajouté avant de souhaiter que "les règles internationales limitent effectivement le dumping social et environnemental qui sont à l’origine de coûts sociaux et humains considérables".

Des dizaines de millions de chômeurs supplémentaires


Dans un contexte mondial sombre, avec des estimations de l’OIT situant entre 39 et 59 millions le nombre de chômeurs supplémentaires que la récente crise financière aura engendré, le président français a souhaité une "révolution" sociale qui instaure un "travail décent ", selon la formule de l’OIT, partout dans le monde. Pour cela il a rappelé, devant les 183 membres de l’organisation, l’urgence à ratifier les normes votées par l’OIT, précisant que, pour sa part, la France, qui a déjà, avec l’Espagne, transposé 123 textes sur 188, s’engageait à ratifier "à bref délai la convention sur le travail maritime et la convention cadre sur la santé". De son côté le brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a invité syndicats et salariés à s’appuyer sur la crise financière internationale pour tenter de bâtir un nouvel ordre économique mondial. Il a également lancé un avertissement sur les conséquences de la crise sur les enfants qui seraient 218 millions, selon l’OIT, à travailler dans le monde. "N’attendons pas pour agir" a finalement prévenu Nicalos Sarkozy, mettant en garde contre un risque de "révolte" et appelant de ses voeux un "système de règles qui tirent tout le monde vers le haut au lieu de tirer chacun vers le bas".


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