
Manhmohan Singh, Dmitri Medvedev, Hu Jintao et Luiz Inacio Lula da Silva, les leaders du BRIC © www.kremlin.ru
Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (BRIC) ont tenu un premier sommet le 16 juin à Ekaterinbourg (Russie) pour prendre place dans le concert mondial économique en revendiquant la nécessité d’une nouvelle monnaie supranationale. L’amorce d’une proposition de poids pour redessiner l’ordre mondial à la suite de la crise.
Ils ne sont pas contre le billet vert, mais l’hégémonie du dollar ne les satisfait pas. Ils ne sont pas contre les institutions bancaires mondiales, mais le modus vivendi actuel doit cesser selon eux et ne plus aboutir à un partage Europe-Amérique pour diriger, qui le FMI, qui la banque mondiale. Les dirigeants des quatre principales économies émergentes ont demandé à l’occasion de leur premier sommet formel, tenu, le 16 juin à Ekaterinbourg (Oural), à avoir davantage leur mot à dire dans le système financier mondial.
Des poids lourds ambitieux
Leurs populations (2.783 millions en cumulant) comme leurs positions économiques (10ème puissance mondiale pour le Brésil, 7ème pour la Russie, 12ème pour l’Inde et 3ème pour la Chine) les placent en situation de revendiquer un rôle plus conséquent pour les nations en développement dans les institutions financières internationales et aux Nations Unies. Le BRIC réclame ainsi, depuis le début de la crise mondiale, une refonte du système financier international et notamment une réduction de la suprématie du dollar. "Une coordination de ce type va nous permettre de mieux comprendre les positions de chacun, et de créer de nouveaux moyens, non conventionnels, pour résoudre les problèmes existants et réformer les relations financières internationales" a déclaré, à l’ouverture du sommet le président russe Dmitri Medvedev, devant ses collègues chinois, Hu Jintao, brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva et devant le Premier ministre indien, Manmohan Singh.
Pour un nouvel ordre mondial
La Russie, qui milite notamment pour une diversification des outils financiers internationaux, a appelé ses partenaires à investir dans les obligations émises par chacun des pays du BRIC. Le président brésilien a de son côté souhaité que le BRIC exerce "un leadership responsable dans le but d’aider à reconstruire un gouvernement mondial et un développement durable pour tous". Il exige aussi des Etats développés un engagement à "réformer" le système financier international pour que puisse se faire entendre "la voix des pays en voie de développement". Tous ont cependant répété ne pas vouloir "démolir le dollar", ni provoquer "l’instabilité sur les marchés financiers". Leur but, affiché, est bien la recherche d’une meilleure réponse à la crise actuelle en développant des solutions diversifiées. La Chine ayant, par exemple, la veille de ce premier sommet, débloqué un prêt de 10 milliards de dollars à l’Organisation de Coopération de Shangaï (OCS) réuni en préambule de ce sommet et qui regroupe, outre la Chine, la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan.
Une nouvelle monnaie supranationale ?
Désireux de réformer rapidement le système financier, les quatre grand émergents ont constaté que « les monnaies de réserve existantes, dont le dollar américain, n’ont pas accompli leurs fonctions" lors de la récente crise. "Nous n’y arriverons pas sans monnaies de réserve supplémentaires » a notamment déclaré le russe Medvedev, évoquant ainsi clairement la possibilité d’une nouvelle monnaie supranationale. La nécessité d’un système monétaire international stable, prévisible et plus diversifié a été souhaitée tandis que le communiqué final a affirmé que "le BRIC doit créer les conditions d’un ordre mondial plus juste". Un deuxième sommet est prévu l’an prochain au Brésil.