
Christian Estrosi, le nouveau secrétaire d’Etat à l’industrie, a annoncé mardi le lancement d’un appel à candidature pour de nouveaux pôles d compétitivité.©DR
De nouveaux pôles de compétitivité consacrés aux éeotechnologies devraient être labellisés à l’automne. Quels domaines de l’innovation épouseront-ils ? Les 71 pôles existant couvrent une large palette de thématiques liées au développement durable.
C’est à l’occasion de la 5e journée nationale des pôles de compétitivité mardi 30 juin que le tout nouveau secrétaire d’Etat à l’industrie Christian Estrosi a annoncé l’ouverture d’un nouvel appel à candidature pour la création de nouveaux pôles de compétitivité dédiés aux écotechnologies. Qualifiant de « phase 2.0 », pour reprendre une expression presque inédite, la seconde période triennale du dispositif des pôles ouverte par Nicolas Sarkozy en janvier 2009, le maire de Nice a brossé un rapide bilan de l’action de ces structures créées en 2005 par l’Etat. « 2 700 projets financés lors de la première phase, entre 2006 et 2008, avec une aide de près de 2 milliards d’euros de l’Etat et de ses agences (ANR et OSEO), 626 projets soutenus par le Fonds unique d’investissement interministériel représentant un volume de dépenses de recherche de 3,4 milliards d’euros financés au deux tiers par les entreprises ».
Accompagner la révolution écologique
Au-delà du satisfecit, l’annonce du secrétaire d’Etat coïncide avec le discours du président de la République devant le Parlement à Versailles le 22 juin. « La révolution écologique et la révolution numérique vont transformer radicalement les modes de consommation et les modes de production » avait déclaré Nicolas Sarkozy, « Comment se fait-il que nous ayons autant tardé à entreprendre la révolution verte du Grenelle de l’environnement dont nous savions pourtant depuis longtemps qu’elle était inéluctable ? » s’était-il interrogé. Dimanche 28 juin, à l’issue du séminaire du gouvernement organisé pour réfléchir au grand emprunt, François Fillon avait pour sa part esquissé quelques priorités, citant notamment « la croissance verte et le développement durable ».
Toutefois, cette annonce peut surprendre. En effet, le débat sur le nombre de pôles de compétitivité existant en France n’est pas encore tranché. En novembre 2007 Christine Lagarde, ministre des finances, avait annoncé un gel des labellisations, le temps de faire un audit de chaque pôle. Ce dernier, rendu public en juin 2008 avait dressé un bilan mitigé, 39 des 71 pôles ayant alors atteint « pleinement » leurs objectifs, 19 « partiellement », les 13 autres étant appelé à « une reconfiguration en profondeur ». Pour ces 13 là rien n’est joué. Leur sort devait être scellé à l’occasion de cette 5e journée des pôles, il sera réexaminé à l’automne.
Déjà des pôles impliqués
Christian Estrosi a également insisté sur le caractère non-redondant des nouveaux pôles avec les structures existantes. Parmi ces dernières certaines sont clairement identifiées comme répondant aux exigences du développement durable. C’est le cas de celles dédiées aux énergies nouvelles , comme Capenergies, Tenerdis ou S2E2 ou de celles oeuvrant dans le domaine des transports (I-Trans, mobilité et transports avancés, véhicules du futur). Mais le développement durable concerne aussi les pôles du bâtiment (Derbi, Genie civil écoconstruction), de la santé, de la construction des technologies de l’information et de la communication, de la mer, de la nutrition, etc.
Le secrétaire d’Etat a indiqué qu’en tout état de cause un nombre restreint de candidatures pourra être retenu à condition qu’elles ouvrent la perspective de « fournir les technologies de demain permettant de un développement durable de notre société et de nos industries, en réduisant leur impact environnemental ». On l’aura compris l’appel à candidature répond à une « priorité nationale ». Reste à savoir dans quels secteurs de nouveaux pôles surgiront. Les dépôts de candidature sont attendus sur le bureau des préfets de région le 2 octobre au plus tard.