
Entreprendre pour le fluvial espère voir la part de marché du transport fluvial doublée d’ici quinze ans.©DR
Le gouvernement vient de lancer un fonds doté de 4,5 millions d’euros pour financer les projets fluviaux de demain. L’intégration multimodale, le renouvellement de la flotte ou encore le développement de marchés verts doivent faire du transport fluvial une alternative viable à la route.
Six mois après que le transport fluvial ait été déclaré cause d’intérêt général par le président de la République, les secrétaires d’État chargé des transports Dominique Bussereau, et du commerce Hervé Novelli, ont lancé en partenariat avec l’association Entreprendre pour le fluvial un fonds de 4,5 millions d’euros pour soutenir les nouveaux porteurs de projets fluviaux. Baptisé Fluvial initiative, le fonds devrait générer pas moins de 50 millions d’investissement par effet de levier pour redynamiser la filière. Au programme : « intégration multimodale, modernisation et renouvellement de la flotte, et développement de marchés verts ». « Pour être opérationnel et efficace avant tout, nous devons concrètement favoriser le renouvellement des unités de transport en aidant les plus jeunes à financer leur projet de création d’entreprise »insiste Christian Parent.
Des prêts à taux zéro sur cinq ans
Première plateforme nationale de financement, dédiée à une filière, Fluvial Initiative propose à tous les porteurs d’un projet de création d’entreprise fluviale d’un budget inférieur à 3 millions d’euros des prêts à taux zéro sur cinq ans compris entre 10 000 et 90 000 euros. Cet accompagnement peut se faire soit dans le cadre d’une labellisation par entreprendre pour le fluvial. Les entreprises peuvent également faire appel aux plateformes France Initiative et aux Boutiques de gestion en amont, pour la constitution de leur dossier de labellisation, puis durant deux ans, pour des conseils sur la création et le lancement de leur projet. « La création de la première plateforme France Initiative sectorielle traduit la capacité de réponse de notre mouvement aux grands enjeux du développement économique durable » s’est félicité Bernard Brunhes, Président de France Initiative.
Objectif : doubler la part de marché du secteur sur quinze ans
Ce soutien renforcé au secteur fluvial répond à l’objectif de report modal de 25 % de la route vers des modes de transport alternatifs fixé par la Grenelle pour les dix années à venir. Une étude citée par Entreprendre pour le fluvial évalue à entre 50 et 70 % la croissance possible du marché fluvial grâce à une « démarche d’accompagnement volontariste des acteurs publics et privés ». Alors que la demande en transports devrait croître de 30 % dans les dix ans, l’association espère ainsi voir la part de marché du transport fluvial doublée d’ici quinze ans, comme prévu lors des conclusions du Grenelle.Pour les présidents Président d’Entreprendre Pour le Fluvial et de Fluvial Initiative, Christian Parent, et Albert Ollivier, « le Grenelle de l’Environnement a mis en évidence le caractère stratégique de la voie d’eau en soulignant non seulement ses atouts économiques mais aussi ses atouts environnementaux ».