vendredi 30 juillet 2010 - n°840

Copenhague : : Lula artisan du front commun des pays d’Amérique du Sud

Le Président brésilien Ignacio Lula da Silva lors du sommet Afrique - Amérique du Sud
Le Président Brésilien a lancé un appel aux pays d’Afrique et d’Amérique du Sud pour qu’ils restent fermes sur les enjeux du sommet de Copenhague. Lula, dont le pays est le 4ème pays émetteur de gaz à effet de serre, a également annoncé qu’il voulait réduire de 80% la déforestation de l’Amazonie d’ici 2020.

C’est dans le cadre du 2ème sommet Afrique-Amérique du Sud que le Président brésilien, Ignacio Lula da Silva, s’est exprimé en prévision de Copenhague. Le mandataire brésilien a fait passer un message clair et direct. Il n’est pas question pour lui que les pays du sud pensent à échanger la stabilité de la planète pour un peu d’argent. Lula est même allé plus loin dans sa mise en garde en appelant à une "position ferme" de la part du continent sudaméricain et du continent africain. Il s’agit pour lui de convaincre le nord industrialisé qu’il lui faut de toute façon assumer ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Lula indique même une voie pour atteindre cet objectif vital : les nouvelles technologies et la réduction de la consommation.

Les pays industrialisés dans la ligne de mire

La réunion des chefs d’état était de toute façon très engagée puisque la présidente argentine, Cristina Fernandez a, de son côté, critiqué à nouveau les Etats - Unis : "signataire d’un accord (Kyoto, NDLR) qu’ils n’ont jamais appliqué." "Ce sont les pays en développement qui en ont payé les conséquences" a-t-elle ajouté. Hugo Chavez, le représetnant vénézuélien, a sorti quant à lui une expression dont il a le secret : "ils veulent continuer à nous vendre de la paquotille contre nos mines d’or" a-t-il déclaré en se référant, lui aussi de manière très critique, au système des permis "qui servira toujours aux mêmes". L’idée d’un bloc des pays du sud est donc apparue. Un front uni qui semble avoir recuilli les suffrages des leaders latinoaméricains présents. Hugo Chavez, enchanté par l’idée a exhorter les pays africains à avancer dans cette même voie.

Au chevet de l’Amazonie

Dans cette ambiance Lula n’a pas eu de difficulté, toujours à propos du climat, à lancer l’idée d’une réunion qui se tiendra à Manaus le 10 décembre prochain entre les 9 pays concernés par le sort de la forêt amazonienne. 4ème émetteur mondial de gaz à effet de serre, Lula a prêché l’exemple en annonçant que son pays s’engageait à réduire de 80% la déforestation de l’Amazonie d’ici à 2020. Selon des études brésiliennes, la déforestation représenterait près de 60% des émisssions du pays. Lula a également annoncé qu’il demanderait, à Copenhague, une compensation financière aux pays du nord pour cet engagement : "On doit faire une grande différence entre les pays riches qui ont une politique industrielle depuis plus de 150 ans, les pays pauvres qui commencent maintenant à se développer et les pays émergents. (...) La responsabilité des pays riches, en ce qui concerne le réchauffement de la planète, est beaucoup plus grande que celle des pays émergents" a-t-il souligné.



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