
Le champignon filamenteux Trichoderma reesei est la principale source d’enzymes utilisée par l’industrie des biocarburants.©DR
Une équipe de chercheurs internationale a récemment isolé chez un champignon les gènes responsables de la production d’enzymes utilisés pour dégrader la biomasse ligno-cellulosique. Une avancée qui va permettre d’améliorer la rentabilité de la filière des agrocarburants de seconde génération, ouvrant la voie à une production à grande échelle.
Alors que la filière des agrocarburants de première génération, est sous le feu des critiques pour sa concurrence avec la production alimentaire, les récents résultats d’une équipe scientifique internationale coordonnée par l’Institut français du pétrole pourraient ouvrir la voie à la production à grande échelle de bioéthanol de seconde génération.
En observant les mutations de souches du champignon filamenteux Trichoderma reesei, les chercheurs de l’IFP, de l’École normale supérieure, du ministère américain de l’Énergie, de l’Université technologique de Vienne et de la société de biotechnologie danoise Novozymes, ont réussi à isoler les gènes impliqués dans la production d’enzymes utilisés pour dégrader la biomasse ligno-cellulosique. Ces travaux vont servir de base pour développer de nouvelles souches de ce champignon, capables de produire de plus grandes quantités d’enzymes. Objectif : améliorer la rentabilité de la filière de production de bioéthanol à partir de déchets ligno-cellulosiques.
Les enzymes, trop chers à produire
La production d’enzymes est un enjeu majeur pour l’émergence d’une filière d’agrocarburants de deuxième génération compétitive. La dégradation de la ligno-cellulose en sucres nécessite en effet une grande quantité de ces biocatalyseurs (10 à 100 fois plus que pour les filières de première génération) mais leur culture est à l’heure actuelle trop onéreuse pour être rentable. Ainsi, l’amélioration de la productivité duTrichoderma reesei , principale source d’enzymes utilisée par l’industrie, ouvre la voie à une production à grande échelle.
Face à la raréfaction des ressources fossiles, les technologies production de biocarburants de deuxième génération sont très attendues. En utilisant les déchets de l’agriculture, elles permettraient de valoriser au maximum la biomasse végétale tout en laissant les denrées comestibles pour l’alimentation.