
La RIVP a retenu l’agence Baudouin Bergeron pour réaliser le premier bâtiment à énergie positive en logement social à Paris © Agence Baudouin Bergeron
En engageant la première opération de logement social à énergie positive dans le tissu urbain parisien, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) franchit un nouveau pas vers le Plan Climat adopté par Paris. L’agence Baudouin Bergeron a été sélectionnée pour réaliser le bâtiment de 17 logements familiaux sociaux du 7 rue Guénot dans le 11ème.
Serge Contat, qui dirige la RIVP, souhaitait aller au-delà d’un bâtiment à basse consommation. Réaliser une construction produisant de l’énergie dans une parcelle située dans le 11e arrondissement de Paris, c’était l’enjeu complexe du concours lancé en mars 2009. L’objectif majeur était de démontrer la faisabilité technique et économique d’un bâtiment à énergie positive à Paris, répondant ainsi aux exigences du Plan Climat adopté par la Ville de Pairs, soit <50kwh/m ≤/an. Les équipes de la Sem, dotées depuis un an d’une délégation développement durable, se sont dit que si elles menaient à bien ce projet elles réussiraient partout.
Les engagements dans le cycle de vie du bâtiment
Ce qui caractérise la parcelle du 7 rue Guénot c’est qu’elle est étroite et entourée de bâtis denses et hauts. « Nous n’avons pas l’amplitude de l’orientation d’un site peu dense alors que celle-ci est primordiale en architecture bioclimatique et, pour répondre au programme très dense, les architectes ont dû concevoir un bâtiment profond et ont amené l’éclairage naturel en créant un puits de lumière au cœur de la construction, » explique la chargée d’opération Ouerdia Haddad, architecte DPLG de formation. « Nous avons aussi les contraintes du règlement d’urbanisme, malgré de nouvelles tolérances. » L’appel à concours a reçu 237 réponses. « Le cahier des charges exigeait un bilan énergétique. Il n’a pas occulté l’intégration du cycle des matériaux, la gestion du chantier propre, l’accessibilité, le respect du voisinage… Certains maîtres d’œuvre, réticents, ont finalement apprécié d’être poussé à réfléchir autrement. Ce genre d’opération les oblige à intégrer dès l’esquisse le thermicien, le conseil en environnement. » Le jury a désigné lauréat, en juillet dernier, l’agence Baudouin Bergeron qui travaille avec l’excellent cabinet d’études thermiques Pouget. Le surcoût est estimé à 20% par rapport au coût des travaux : études plus importantes, simulations thermiques exigées pour chaque projet, intégration des matériels de production d’énergie…
Mais pour Ouerdia Haddad, la démarche est plus vaste : « cela ne sert à rien de proposer un bâtiment à énergie positive s’il n’y a pas une sensibilisation des locataires et un suivi régulier des consommations. Il est important de montrer aux gens les gestes à adopter dans un logement aux fenêtres à triple vitrage. La gérance se chargera de la communication de ces nouveaux usages. Elle fait partie du cycle de vie du bâtiment. »