
Emblématique, le projet d’éco-quartier Heudelet, situé en lieu et place d’une ancienne caserne, est le premier résultat de la démarche développement durable du Grand Dijon, l’éco-quartier Heudelet. © Semaad
Dijon et son agglomération ont pris un tournant résolument novateur. La Semaad, à qui est confiée la charge d’aménager le Grand Dijon, a intégré depuis 2008 un dispositif original de conduite des projets. Elle est depuis le 22 octobre la première Sem en France à obtenir le label EMAS, qui récompense un management environnemental exemplaire. Thierry Lajoie, son directeur général, explique comment le futur éco-quartier Heudelet 26 est précurseur de cet engagement.
Dijon, ville de 150 000 habitants, a la particularité de posséder plusieurs friches militaires, industrielles et quelques quartiers qui offrent des opportunités foncières enviables. Le sénateur-maire François Rebsamen, président de l’agglomération, a saisi cette belle occasion pour engager une politique d’urbanisme pour le XXIe siècle. Pour Thierry Lajoie, directeur général de la Sem qui a en charge les projets d’aménagement du Grand Dijon, c’est un magnifique pari sur l’avenir de la ville. L’organisation des services et les méthodes de la Semaad mettent le développement durable au cœur de sa réflexion et de ses chantiers. Elle s’est dotée d’un véritable projet d’entreprise baptisé POSADER (Plan d’Orientations Stratégiques d’Aménagement, Durable, Economique et Responsable) et d’un système de management environnemental exemplaire. « Cette nouvelle organisation du travail, intégrant un directeur du développement durable, mène tous nos projets à la certification ISO 14001. » Depuis, toutes ses opérations sont accompagnées d’un plan d’action environnemental qui, bien en amont d’un projet, réunit des cibles obligatoires dans le cahier des charges. Et la SEMAAD a souhaité que soient reconnues la pertinence de ce dispositif et, partant, la performance environnementale de son action, par l’obtention des deux plus prestigieux labels qui certifient la qualité d’une démarche environnementale.
Avec la norme ISO 14001 obtenue le 19 août 2009 au terme d’un audit externe, conception et conduite de ses opérations d’aménagement sont reconnues respectueuses des exigences et la mise en oeuvre des pratiques exemplaires, démontrables. Le 15 octobre dernier, le ministre Jean-Louis Borloo a délivré à la Semaad son enregistrement EMAS, attestant que le système de management environnemental de la Sem satisfait aux exigences du système communautaire de management environnemental et d’audit de l’Union Européenne.
L’Eco Management and Audit Scheme (EMAS), règlement européen créé en 1995, reconnaît les démarches d’écomanagement et permet d’évaluer, d’améliorer et de rendre compte de performances environnementales dans un cadre reconnu, standardisé et crédible.
Première application du dispositif
Emblématique, le projet d’éco-quartier Heudelet 26, situé en lieu et place d’une ancienne caserne, est le premier résultat de ce dispositif. Le cahier des charges du projet comportait 83 actions obligatoires pour les concepteurs. L’ambition de ce vrai projet durable a attiré des urbanistes au-delà des frontières. Les finalistes sont français, urbanistes, paysagistes, environnementalistes… et trentenaires. « Je défends une conviction forte selon laquelle les villes s’épuisent par manque de diversité, et la mixité est source de diversité. » Pour Thierry Lajoie, le mot clé est la mixité, sociale, fonctionnelle, typologique, formelle par des architectures racées, reliée par des circulations douces. Et, pour lui, le rôle de la Sem est d’être un outil économique au service de la volonté publique, sur le terrain de l’innovation durable. Le Grand Dijon, que François Rebsamen veut exemplaire, aménagera chacun des territoires en éco-quartier. A l’exemple des 2,5 hectares de Heudelet répartis en 280 logements (2/3 en location et en accession sociale, le reste en accession libre), en bureaux, résidences d’artistes, équipements culturels et où sera plantée une véritable forêt.