
Selon un rapport de l’ONU, les océans constituent le système de piégeage et de stockage du carbone le plus efficace et le plus rentable de la planète ©DR
Selon un rapport des Nations Unies, des océans sains constituent le système de piégeage et de stockage du carbone « le plus efficace et le plus rentable de la planète ». Un fonds « Carbone bleu » destiné à l’entretien et la restauration des principaux écosystèmes marins sera proposé dans le cadre des négociations actuelles sur le climat qui devraient déboucher sur un accord à Copenhague en décembre.
L’ONU vient de lancer l’idée d’un fonds mondial « Carbone bleu » destiné à l’entretien et la restauration des principaux écosystèmes marins. Selon une étude des Nations-Unies, les écosystèmes marins tels que mangroves, marais et prairies sous-marines serainet un piège efficace à carbone. Une baisse de la déforestation terrestre combinée à une réhabilitation de la couverture et de l’état de ces écosystèmes marins permettrait une baisse de 25 % de ces émissions, réduction nécessaire pour éviter un changement climatique « dangereux ».
L’ONU pointe du doigt la destruction et la dégradation accélérée de ces puits de carbone naturels : jusqu’à 7 % seraient détruits chaque année, soit sept fois plus vite qu’il y a cinquante ans. « Si nous n’agissons pas pour conserver ces écosystèmes vitaux, ils pourraient disparaître d’ici vingt ans », précise le rapport « Blue Carbone : The Role of Healthy Oceans in Binding Carbon », présenté par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’UNESCO.
La nature au secours de l’humanité
« D’après ce rapport, la fin des destructions et la remise en état des écosystèmes marins pourraient permettre de compenser jusqu’à 7 % des émissions actuelles de combustible fossile à un prix bien inférieur à celui des machines qui piègent et séquestrent le carbone dans les centrales », précise Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE. Pour Christian Nellemann, responsable de ce rapport préparé par trois agences des Nations Unies avec l’aide d’une équipe internationale de scientifiques, il faut agir rapidement. « Depuis les années 1940, plus de 30 % des mangroves, près de 25 % des marais et plus de 30 % des prairies sous-marines ont été détruits. Nous sommes en train de perdre ces importants écosystèmes et ceci au moment même où nous en avons besoin. Et ils pourraient bien avoir totalement disparu d’ici une vingtaine d’années ».
Le rôle des océans qui complète celui des forêts dans lutte contre les émissions de CO2 et le réchauffement de la planète sera mis en avant par l’ONU dans le cadre des négociations de Copenhague. Un fonds « bleu » viendrait ainsi renforcer le fonds « vert » déjà en discussion.