« Un accord faible à Copenhague signifierait notre perte », prévient Lumumba Stanislaus Di-Aping. Comme l’ensemble des délégués des pays en développement, l’ambassadeur et représentant permanent du Soudan auprès de l’ONU s’inquiète de la lenteur des négociations à 33 jours du sommet de Copenhague.
« Nous avons le sentiment de ne pas être écouté », précise Kamel Djemouai, ministre de l’environnement algérien et responsable de la délégation africaine à Barcelone.
« Nous ne voulons pas donner un chèque en blanc sans éléments concrets. Nous sommes prêts à quitter la table des négociations si les pays riches n’arrivent pas à s’entendre sur des objectifs chiffrés, base de discussion indispensable pour un accord à Copenhague ». Le ministre rappelle que l‘Afrique, qui compte parmi les régions les moins polluantes de la planète, est en première ligne face au réchauffement climatique.
« Une hausse de température menace notre survie. Nous venons déjà de traverser trois années de forte sécheresse », explique Grace Akumu, représentante du gouvernement kenyan.
« Un mauvais accord signifierait la disparition des forêts africaines, mais aussi des petits états insulaires ou encore le déplacement de 300 millions d’habitants des côtes indiennes », ajoute Lumumba Stanislaus Di-Aping.
Vers un bras de fer Nord-Sud ?
Le Groupe des 77 et Chine (qui compte aujourd’hui 130 membres) a apporté son soutien à l’Afrique dans son mouvement de pression. Cette coalition de pays en développement, créé pour donner à ses membres une capacité de négociation accrue aux Nations unies, confirme le peu de progrès réalisé au cours des deux premières journées de Barcelone.
« C’est un mauvais départ pour Copenhague », confie Amira Gornass, responsable du département environnement au Soudan.
Nombre de délégués de pays en développement commencent à s’interroger sur la volonté réelle des gouvernements des pays riches à promouvoir un accord plus ambitieux que celui de Kyoto.
« Les promesses politiques ne se retrouvent pas dans les actes », ajoute Kamel Djemouai.
« Kyoto avait l’intérêt de ne faire payer que les pays riches qui semblent se tourner aujourd’hui vers les plus pauvres pour les aider à régler la facture d’une planète qu’ils ont déréglé après des décennies de consommation et d’industrialisation à outrance », s’alarme Lumumba Stanislaus Di-Aping, également l’un des représentants du Groupe des 77 à Barcelone.
« Nous comprenons les frustrations de l’Afrique, affirme Kim Cartensen, responsable de WWF Global Climate Initiative.
Il faut que le Canada, les Etats-Unis et la Russie se décident à donner des chiffres de réduction de CO2 ambitieux et débloquent les négociations ».
Envoyé spécial