mardi 9 février 2010 - n°724

Droits de l’enfant : Divergences de vues entre les français et le Parlement

78 % des parlementaires considèrent que les droits de l’enfant sont bien respectés en France.©Johannes Braun/Naja
Les jeunes sont plus optimistes que les adultes sur la situation des droits de l’enfant en France, un enjeu qui n’est pas considéré comme prioritaire par les parlementaires alors qu’ils se considèrent eux-mêmes comme les mieux placés pour en garantir le respect. C’est ce qui ressort d’un sondage TNS-Sofres commandé par l’Unicef et de la Fondation pour l’enfance pour les vingt ans de la Convention internationale sur les droits de l’enfants (CIDE).
À l’occasion du vingtième anniversaire de la Convention internationale sur les droits de l’enfant (CIDE), un sondage réalisé par TNS-Sofres à la demande de l’Unicef et de la Fondation pour l’enfance dresse un bilan de la perception de la situation des droits des enfants dans l’hexagone. Selon l’étude, une majorité de français (50 %) considère que le respect des droits de l’enfant dans le monde est resté stable au cours de la dernière décennie. Seuls 11 % des interrogés estiment que la situation a empiré, tandis que 37 % d’entre eux y voient une amélioration. Mauvais point pour les nations unies, la CIDE, texte international de référence en matière de droits de l’enfant reste largement méconnu. En effet, 68 % des français affirment n’avoir jamais entendu parler de la convention.

Les jeunes plus optimistes que les adultes

Le sondage révèle par ailleurs que les 15-18 ans, les plus concernés par le sujet, sont également les plus optimistes quant à la situation des droits de l’enfant en France. Ainsi, l’impossibilité de partir en vacances est dénoncée par 77 % des adultes comme une situation répandue, une opinion partagée par seulement 69 % des 15-18 ans. La tendance est la même sur la question du manque d’argent pour manger à la cantine (répandu pour 57 % des adultes et 44 % des jeunes), ou sur celle des violences sexuelles et de la maltraitance (répandue pour près de 50 % des adultes et 45 % des jeunes). Résultat : les jeunes sont globalement plus satisfaits du respect des droits de l’enfant que leurs aînés. En effet, là où l’accès à la santé des enfants est satisfaisant pour 81 % des plus de 18 ans, elle l’est pour 94 % des 15-18 ans. Idem pour l’accès à l’éducation (66 % / 82 %), le niveau de vie (60 % / 75 %), et même pour les perspectives, pour lesquels 36 % des jeunes se déclarent satisfaits contre seulement 16 % des adultes.

Le rôle des associations plébiscité

À la question de qui sont les acteurs les mieux placés pour garantir le respect des droits de l’enfant, les réponses sont là encore très contrastées. Le monde associatif arrive en tête, avec 51 % d’opinions favorables chez les adultes, et 65 % chez les 15-18 ans, suivi des travailleurs sociaux, plébiscités par 30 % des plus de 18 ans, mais par seulement 8 % des jeunes. Le comité des droits de l’enfant des nations unies arrive en troisième position (24 % / 30 %). Le sondage révèle par ailleurs une véritable défiance, en particulier de la part des jeunes, envers les institutions politiques et judiciaires. Le rôle des magistrats, reconnu par 21 % des adultes, ne l’est que par 9 % des 15-18 ans. Le gouvernement, le Parlement européen et le Parlement français sont quant à eux relégués aux trois dernières places du podium avec respectivement. Le défenseur des enfants mis en place en 2000 n’arrive qu’en cinquième position des acteurs les mieux placés alors même que 78 % des interrogés considèrent le dispositif comme utile.

Les parlementaires en contradiction avec les français

La même question, posée à 135 députés et sénateurs français, donne un classement moins tranché et très différent de l’opinion des français. Le Parlement français passe de la dernière à la première position des acteurs les mieux placés pour garantir le respect des droits de l’enfant, avec 31 % d’opinions favorables, suivi de près par le défenseur des enfants (27 %). Le Parlement européen, les magistrats et le monde associatif arrivent ex-aequo en troisième position et le comité des droits de l’enfant de l’ONU et les travailleurs sociaux finissent derniers. Un classement pour le moins paradoxal puisque n’arrive qu’en onzième position dans les priorités des parlementaires, derrière le chômage et l’emploi, l’enseignement, le pouvoir d’achat, les inégalités sociales, l’environnement, la santé, le logement, les déficits publics, la famille et les retraites. Et pour cause : 78 % d’entre eux considèrent que les droits de l’enfant sont bien respectés en France.


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