mardi 9 février 2010 - n°724

Urbanisme : Orly-Rungis-Seine Amont, un défi environnemental

Aux Ardoines, les enjeux sont complexes : loin d’être une concentration de friches industrielles, le site continue à produire beaucoup avec Sanofi-Aventis, la centrale EDF, les réservoirs de BP. © DR
Le territoire de Seine Amont, aux portes de Paris, n’a pas eu le développement qu’augurait son immense potentiel. Parmi les handicaps : accessibilité insuffisante, coupures fortes, structuration insuffisante du territoire. En 2006 l’établissement public d’aménagement Orly-Rungis·Seine Amont a été créé pour mener à bien une opération d’intérêt national sur un territoire regroupant 12 communes du Val-de-Marne, destinée à en relancer le développement. Pour l’urbaniste David Mangin, a qui a été confiée la conception d’un des sites, « Les Ardoines pose un vrai défi environnemental. »
Les Ardoines, site majeur de la grande opération d’urbanisme de l’EPA Orly-Rungis-Seine Amont, présente des atouts considérables. Par l’A86, il est à 10mn de Paris alors que le Grand Paris occupe tous les esprits et que la grande couronne subit de grandes mutations. C’est par lui que passe l’avenir de ce territoire. La réflexion sur cet avenir revient à David Mangin à qui a été confiée la conception du plan guide. L’urbaniste en a distingué trois parties : l’une occupée par l’entreprise Sanofi-Aventis qui s’est organisée selon son expression en « ville usine » avec un système de rues non accessibles aux passants pour raisons de sécurité. La seconde, un méandre au service de l’énergie de la région parisienne avec un complexe industriel et énergétique constitué des réservoirs de BP, de la centrale EDF, d’Air Liquide et de bâtiments ferroviaires. La troisième partie, au nord, est beaucoup plus intégrée à la ville de Vitry. Pour l’urbaniste, ce qui manque ce sont des ponts et des accès vers l’extérieur et une meilleure gestion des bords de Seine.

Risques industriels, d’inondation et dépollution des sols

« Le site pose aussi un vrai défi environnementa, explique David Mangin. Il compte un certain nombre d’établissements à risque du point de vue de la réglementation (je pense aux réservoirs BP mais aussi à la centrale thermique à charbon d’EDF, et aussi à certains ateliers de production de Sanofi-Aventis). A ces risques industriels s’ajoutent la question de la dépollution des sols et celle du risque d’inondation. Pour ma part, je pense que c’est là l’un des défis les plus importants du projet des Ardoines : nous devons préparer pour les prochaines décennies un projet qui soit environnemental à grande échelle. Il s’agit d’au moins 300 hectares et si l’on englobe des sites analogues en amont et en aval, c’est encore beaucoup plus. »
Son plan guide, approuvé par l’EPA, s’articule autour de quatre facteurs : de grands axes d’accessibilité (routes et transports publics) comme ossature fondamentale de l’aménagement, l’étagement du site permettant de gérer le risque d’inondation, la délocalisation ou le reformatage des installations industrielles qui déterminent les modalités de mutation du site, enfin la trame verte, composante du grand paysage et abritant un dispositif hydraulique.

La mutation du site entraine une mutation industrielle

Mais aux Ardoines, les enjeux sont complexes : loin d’être une concentration de friches, le site qui continue à produire beaucoup. « Certaines entreprises ont déjà engagé leur mutation, comme Sanofi-Aventis qui se recentre sur la recherche et les biotechnologies plutôt que sur la production. EDF se questionne sur le reformatage progressif de son site, puisque la question du charbon pose problème. Et les questions d’inondabilité concernent la totalité du site. C’est donc vraiment un projet à grande échelle, sur une durée relativement importante. » Tandis que s’approfondissent les études, le projet entre en phase opérationnelle et se réalisera sur plusieurs décennies. Le budget est de l’ordre du milliard d’euros. La phase 1 sera lancée autour des grands travaux de transport avec la réalisation progressive des infrastructures permettant l’accessibilité du site jusqu’à la mise en service du métro automatique en rocade Orbival (2020).


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