Union européenne : Profil bas pour la présidence

Herman Van Rompuy, premier Président du Conseil européen à temps plein. DR
La nomination, au cours d’un dîner, du premier Président de l’Europe, et le choix d’un homme sans grand poids politique, le premier ministre belge Herman Van Rompuy, augurent mal de la voix de l’Europe dans le monde. La britannique Catherine Ashton occupera le poste de Haute représentante pour les affaires étrangères.
Quel programme ? Quelles compétences ? Quelle place dans le jeu complexe de l’exécutif ? Et quel nom ? A toutes ces questions, le citoyen européen aura bien du mal à répondre. S’il consulte aujourd’hui les informations, il pourra néanmoins avoir une bonne réponse : nom, Van Rompuy, prénom Herman.
On pouvait rêver mieux, pour le premier Président de l’Europe, qu’un jeu des ombres et des conciliabules qui ne grandit ni l’Union, ni des chefs d’Etat ayant préféré leur propre lumière à un pas important dans la construction européenne. C’est au cours d’un dîner, ce qui renforce encore le manque de transparence de cette nomination que Herman Van Rompuy, 62 ans, aujourd’hui premier ministre belge, a été nommé président du Conseil européen. Ce chrétien-démocrate, qui n’aura pas longtemps tenu la première place dans son pays et n’a auparavant occupé aucun poste lui octroyant une quelconque autorité sur ces confrères chefs d’Etat, prendra ses fonctions au 1er janvier 2010 pour deux ans et demi renouvelables, comme le prévoit le traité de Lisbonne.
A ses côtés, par le fruit d’un savant échange entre groupes politiques dont l’Europe a le secret, c’est une travailliste britannique qui prendra le second des nouveaux postes prévus par Lisbonne, celui de Haute représentante pour les affaires étrangères et vice-présidente de la Commission. La baronne Catherine Ashton, 53 ans, est aujourd’hui commissaire européenne au commerce, va devenir. Dès cette nuit, les commentateurs notaient le manque d’ambition d’une telle nomination qui, après celle de Juan Manuel Barroso à la tête de la Commission, confirme la prédominance que les Etats entendent continuer à avoir sur les affaires communautaires.
20 novembre 2009, Jacques Moulins