
Barack Obama se rendra le 9 décembre au Sommet de Copenhague juste avant de recevoir, le lendemain, le prix Nobel de la paix à Oslo ©DR
Accusé de bloquer les négociations sur le climat, Barack Obama tente de relancer la dynamique initiée lors de son arrivée au pouvoir. La Maison-Blanche a annoncé que le Président américain assistera au Sommet de Copenhague avec des objectifs concrets. La France tient également à s’imposer dans les négociations : Nicolas Sarkozy débute aujourd’hui une visite de deux jours au Brésil et dans les Caraïbes pour rallier à sa cause les pays qui bordent l’Amazonie et ceux du Commonwealth.
La nouvelle était attendue avec impatience par l’Union Européenne comme par Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Barack Obama a confirmé hier, mercredi 25 novembre, sa présence au Sommet de Copenhague où il se rendra le 9 décembre, juste avant de recevoir, le lendemain, le prix Nobel de la paix à Oslo. Il ne devrait pas arriver les mains vides. Un haut responsable de la Maison-Blanche a précisé que le Président américain y confirmerait la volonté des États-Unis de réduire de 17% d’ici à 2020 (par rapport à 2005) leurs émissions de gaz à effet de serre, puis de 30% d’ici à 2025 et de 42% d’ici à 2030. Un engagement voté par la Chambre des représentants, mais qui piétine encore devant les sénateurs américains et qui reste bien loin des attentes des écologistes et des experts du GIEC.
Barack Obama, dont le pays est l’un des deux plus gros pollueurs de la planète avec la Chine, se joint ainsi aux 65 chefs d’Etat et de gouvernement qui ont déjà accepté l’invitation du Danemark, hôte de cette conférence de l’ONU qui aura lieu du 7 au 18 décembre. La rencontre récente du Président américain avec ses homologues chinois et indien, pays clés dans un accord à Copenhague, aurait été constructive, selon la Maison-Blanche, motivant l’implication des États-Unis.
La France dans la course
Face à un Président américain qui reprend l’initiative, Nicolas Sarkozy est également en première ligne. Après avoir passé un accord ambitieux avec le Président brésilien Lula Da Silva en vue de Copenhague, il se rend jeudi 26 à Manaus (Brésil) et vendredi 27 novembre à Trinidad-et-Tobago, au large du Venezuela, où se tiendra un sommet du Commonwealth rassemblant 53 pays de tous les continents. Il tentera de les convaincre, ainsi que les pays amazoniens (Venezuela, Colombie, Pérou, Bolivie, Equateur, Guyana ou encore Surinam), de la nécessité d’adopter des mesures fortes pour lutter contre le réchauffement climatique. Le Président espère rallier le maximum d’États au texte qu’il a signé le 14 novembre avec son homologue brésilien qui vise un accord minimal à Copenhague. L’ambition est d’atteindre une « réduction mondiale d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990 » des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Paris et Brasilia veulent également promouvoir une Organisation mondiale de l’Environnement, qui surveillerait la bonne application des décisions de Copenhague. Cette structure serait non seulement chargée du « suivi dans la durée » de toutes les décisions, mais aussi de « fédérer toutes les organisations qui traitent de l’environnement ».
À moins de 10 jours du Sommet de Copenhague, la France est ainsi sur tous les fronts. Elle tente d’impliquer les pays en développement dans les négociations afin de se faire entendre auprès des grandes puissances : l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est actuellement à Pékin où il défend le texte commun franco-brésilien, tandis que le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo est en visite en Chine.
À défaut de la signature d’un traité en décembre 2009 à Copenhague, La France et l’UE misent sur l’obtention d’un accord mondial qui serait ensuite finalisé au cours de l’année 2010. L’engagement de Barack Obama devrait faciliter la tâche.