Capitalisme : Un nouveau modèle Français

Hier à Flamanville, le premier ministre a vanté les mérites de l’EPR, rafraîchissant à quelques jours de Copenhague la position de la France sur l’énergie nucléaire.©matignon
Alors que le nouveau patron d‘EDF, toujours à la tête de Véolia, multiplie les déclarations au point d’apparaître comme le leader de la politique énergétique de la France, François Fillon visitait hier le chantier de l’EPR de Flamanville, entérinant après le fusion de GDF et de Suez, la volonté de Proglio de rapprocher EDF et Véolia.
Qui est le patron de la politique énergétique française et tout particulièrement de son industrie nucléaire ? A en croire plusieurs déclarations faites aux quotidiens nationaux du pays depuis une semaine, Le Figaro, Le Monde et Les Echos notamment, ce pourrait être le nouveau leader d’EDF, Henri Proglio, par ailleurs président du directoire de Véolia. Dans des entretiens accordés à ces quotidiens avant même sa nomination officielle en conseil des ministres survenue mercredi 25 novembre, il avait annoncé d’une part qu’EDF pourrait entrer au capital d’Areva et, d’autre part, qu’il entendait convaincre les conseils d’administration d’EDF et de Véolia de la nécessité de rapprocher les deux groupes, prévoyant des participations croisées entre les deux structures pour en faire une entité experte en énergie et en hydraulique.
L’Etat encore aux commandes ?
Hier, à l’occasion de la visite du chantier de l’EPR de Flamanville, le premier ministre s’est attaché à démontrer que la manette des commandes restait entre les mains de Matignon, voire même de l’Elysée. Il a assuré que l’Etat demeurait le leader de la filière nucléaire française. Accompagné de la ministre de l’économie et des finances Christine Lagarde, qui n’avait pas hésité de rappeler à l’ordre Henri Proglio suite à ses déclarations, le premier ministre a souhaité calmer le jeu dans la polémique née entre EDF et Areva du fait des déclarations de Proglio. Cependant, ménageant la chèvre et le chou, il a estimé qu’EDF avait un rôle central à jouer dans le développement de l’énergie nucléaire et a reconnu qu’Areva demeurait un acteur majeur de cette filière. La semaine dernière Proglio avait prôné une ouverture du capital d’Areva, la ministre de l’économie estimant pour sa part que chacun devait rester dans le domaine de ses compétences.
Les mérites du nucléaires avant Copenhague
Cherchant à ne pas rentrer dans la polémique et réaffirmant le contrôle de l’Etat sur ce dossier sans toutefois trancher le débat, le premier ministre en a surtout profité pour valoriser la filière nucléaire et le savoir-faire lié à l’EPR, le réacteur de dernière génération qui pourtant cumule les déboires en raison notamment des ses retards en France et en Finlande. Au niveau des négociations internationales la France défend l’idée de prendre en compte l’énergie nucléaire comme énergie propre, dans la mesure où elle est réputée pour le bas niveau de ses émissions de gaz à effet de serre, la question de la gestion des déchets nucléaires relevant pour sa part d’une problématique différente.
Le précédent de la fusion GDF Suez
Il n’empêche qu’hier le chef du gouvernement entouré de Christine Lagarde et d’Henri Proglio, mais aussi d’Anne Lauvergeon présidente du directoire d’Areva fortement critiquée par le nouveau Pdg d‘EDF et de Jean-Cyril Spinetta président du conseil de surveillance du groupe nucléaire français, n’a pas totalement convaincu quant à la main mise de l’Etat sur sa politique énergétique et nucléaire. La nomination du très bavard Henri Proglio qui cumule depuis mercredi 25 novembre les direction d’EDF et de Véolia, survient après la fusion de GDF et de Suez. Ainsi, en quelques mois, l’Etat a fait émerger deux grands groupes opérant aussi bien dans les domaines des énergies, de l’eau et des services collectifs. Deux grands groupes issus chacun d’un rapprochement entre une grande entreprise publique et une multinationale privée à capital majoritairement français.
27 novembre 2009, Pierre Magnetto