
Un rapport fin avril pour « éclairer » l’Etat sur sa politique nucléaire.©bouygues
Nicolas Sarkozy a confié fin octobre à l’ancien PDG d’EDF François Roussely la direction d‘un groupe de travail chargé de proposer à l’Etat un scénario de réorganisation de la filière nucléaire française. Henri Proglio patron d’EDF et de Véolia et Gérard Mestrallet le dirigeant de GDF-Suez et Anne Lauvergeon président d’Areva constituent les principales personnalité de ce groupe.
L’Elysée a confirmé hier Jeudi 4 décembre l’information parue le matin même dans Les échos, révélant la mission confiée à l’ancien Pdg d’EDF François Roussely de réaliser "une étude approfondie sur l’avenir de l’énergie nucléaire civile" en France. L’actuel vice-président du Crédit Suisse et ancien patron d’EDF de 1998 à 2004 devra rendre ses conclusions au mois d’avril prochain. Son travail consiste à « envisager l’évolution du nucléaire civil à l’horizon 2030 dans l’ensemble de ses dimensions". La lettre de mission du chef de l’Etat n’omet en effet aucun des enjeux d’avenir de la filière. Le rapport de François Roussely devra émettre un avis sur la politique énergétique et sur la place du nucléaire dans cette politique. Mais aussi sur « la sécurité des approvisionnements en uranium, la compétitivité du nucléaire, les questions environnementales et de sûreté, l’acceptation par le public, l’organisation industrielle et la place de l’Etat" mais également "la stratégie politique et industrielle en matière d’alliances et de partenariats".
Un groupe de travail « de haut niveau »
Cette mission a en fait été confiée à François Roussely fin octobre, Nicolas Sarkozy lui ayant demandé de constituer un groupe de travail « de haut niveau » dont les conclusions devront « éclairer les décisions que devra prendre l’Etat vis-à-vis de la filière nucléaire ». Pourtant, il semble bien que l’Etat ait pris des décisions stratégiques dans l’organisation entrepreneuriale et capitalistique de la filière énergétique en France sans plus attendre les conclusions de ce rapport. C’est ainsi qu’après avoir réalisé la fusion entre Suez et GDF en juillet 2008, il a nommé le 25 novembre Henri Proglio, président du directoire de Véolia, à la tête d’Edf, ce proche du président de la République cumulant depuis les deux fonctions et multipliant les déclarations sur sa vision de la stratégie énergétique française.
Un club des cinq pour repenser le nucléaire
Une première réunion de ce groupe de travail se serait tenue ce mardi 1er décembre à l’Elysée sous l’égide de Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Y participait la fine fleur des énergéticiens français : la patronne d’Areva Anne Lauvergeon qui vient de céder sa lucrative filiale T&D au consortium Alstom-Schneider electric, le numéro 1 de GDF-Suez Gérard Mestrallet, ainsi qu’Henri Proglio et François Roussely, deux hommes que l’on dit assez proches l’un de l’autre. Henri Proglio avait notamment estimé que la fusion de Cogema et de Framatome en 2001 était « probablement une erreur ». Le groupe devra quand même entendre des experts et les responsables du commissariat général à l’énergie atomique. Le 26 novembre à Flamanville, en présence de presque tous les protagonistes, François Fillon avait insisté sur la main mise de l’Etat sur la filière.