vendredi 30 juillet 2010 - n°840

14 janvier : L’Europe otage du gaz russe

Le géant Russe Gazprom a annoncé hier matin dès 9h (11h à Moscou) que « le contrat n’était pas respecté » par l’Ukraine ©Gazprom
Une nouvelle page s’est ouverte dans le feuilleton à rebondissement du gaz russe qui approvisionne l’Europe. Alors que les vannes s’étaient rouvertes hier matin, Gazprom a rapidement annoncé que l’Ukraine bloquait les livraisons. En réponse au "conflit" qui s’enlise, les ministres européens de l’Energie ont décidé dès lundi à Bruxelles de réexaminer la question de stocks stratégiques nationaux de gaz pour mieux faire face aux éventuelles crises futures.
L’approvisionnement en gaz naturel russe semble s’enliser dans un « méli-mélo » dont se passerait bien l’Europe. La signature lundi par Kiev et Moscou d’un accord de surveillance du transit gazier en Ukraine avait pourtant semblé lever les derniers obstacles. Après plusieurs jours de blocage, les robinets de Gazprom s’étaient d’ailleurs à nouveau ouvert hier matin sous les caméras des chaînes de télévision russes, pour se retrouver … bloquer en chemin par l’Ukraine, selon le géant du gaz russe, considéré comme le premier exportateur mondial. « Dans ces conditions, nous n’avons pas la possibilité physique d’assurer le transit de gaz à travers le territoire de l’Ukraine, a expliqué Gazprom. Nous avons informé la Commission européenne que nous n’avons effectivement pas la possibilité de livrer le gaz ». La Commission européenne a recoupé l’information, confirmant que « très peu ou pas du tout de gaz transite actuellement » par l’Ukraine, et indiquant que la situation était à nouveau devenue « très sérieuse ». Un coup dur pour certains états de l’UE largement dépendant comme l’Autriche et surtout les États baltes et la Finlande. La France qui dépend à environ 20% du gaz russe affirme disposer pour l’instant d’autres sources de ravitaillement et bénéficier de réserves suffisantes.
Pour permettre à l’UE de mieux faire face dans le futur à ce type de situation, les ministres européens de l’Energie ont décidé lundi à Bruxelles de réexaminer la question de stocks stratégiques nationaux de gaz naturel. « L’accès et l’investissement dans le stockage de gaz doivent être améliorés et des stocks de gaz stratégiques devraient être envisagés par les Etats membres, de même que d’autres moyens pour améliorer la sécurité » énergétique de l’UE, ont souligné les ministres dans une déclaration.

Vers une guerre du gaz ?

Kiev a laconiquement commenté l’annonce du problème d’approvisionnement, confirmant la reprise des livraisons de gaz russe et expliquant qu’elle bloquait son transit en raison de « conditions inacceptables » imposées par Gazprom. L’Ukraine qui bénéficiait d’un prix du gaz très avantageux jusqu’au 31 décembre 2005, grâce à ses bonnes relations et son statut d’ancien pays de l’Union soviétique, n’a en effet jamais digéré de devoir peu à peu s’aligner sur les tarifs de ses voisins de l’Europe de l’Ouest. Gazprom a également laissé entendre hier que les États-Unis étaient impliqués dans la crise gazière en influençant leur allié ukrainien. La guerre du gaz semble déclarer.


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