vendredi 30 juillet 2010 - n°840

21 janvier : La crise de l’automobile perdure

Renault veut faire face à la crise par l’innovation. Le constructeur prépare déjà pour 2015-2020 un véhicule électrique Scenic ZEV H2, équipé d’une pile à combustible ©Renault
François Fillon a profité hier des États généraux de l’automobile, à Bercy, pour annoncer le soutien du gouvernement au secteur en crise. Il a évoqué une aide financière « de cinq à six milliards d’euros », avec, en contrepartie, la garantie des constructeurs de ne pas délocaliser ou fermer d’usine. Il a lancé un appel à la Commission européenne pour qu’elle approuve au plus vite les initiatives des États membres. Certains constructeurs, comme Renault, parient également sur l’avenir pour sortir de la tourmente : le développement de véhicules électriques « Zéro émission » a été confirmé hier.
Constructeurs, équipementiers, sous-traitants, représentants des salariés, experts se sont retrouvés hier au ministère de l’Économie afin de tracer les grandes lignes d’un « plan stratégique » pour soutenir l’industrie automobile. Les mesures prises au cours des dernières semaines pour aider le secteur, telles que la prime à la casse de 1000 euros, ont été jugés insuffisantes face à une situation « catastrophique ». L’aide financière « de cinq à six milliards d’euros » évoquée par le Premier ministre lors de ces États généraux, a été accueillie comme une bouffée d’oxygène pour un secteur qui traverse la pire crise de son histoire.

Les hésitations de l’Europe

Tous les spécialistes présents ont salué le soutien du gouvernement tout en regrettant que cette politique ne se retrouve pas au niveau de l’UE. Le directeur général de Renault, Carlos Ghosn, a ainsi défendu une véritable politique européenne pour mieux réagir à une crise qui « ne sera pas de courte durée ». Vendredi dernier, les ministres des 27 pays de l’UE, réunis à Bruxelle par la Commission européenne, avaient indiqué leur volonté de secourir le secteur automobile européen, sans toutefois réussir à mettre en place une politique commune. Plus grave, la Commission n’avait pas retenu la demande de l’hexagone d’assouplir les règles sur les aides de l’État, fermant implicitement la porte à des initiatives nationales ambitieuses. La France devra donc sans doute défendre âprement le projet de soutien à l’automobile qu’elle prépare pour fin janvier ou début février.
Parallèlement, plusieurs pays européens, dont la France ont demandé à la Banque européenne d’investissement (BEI) de relever de 3 milliards d’euros le volume de ses interventions prévues à destination du secteur automobile. Cette demande vient s’ajouter aux 3,2 milliards de projets dédiés à l’industrie automobile et qui doivent être validés en mars par la banque.

Un pari sur les véhicules « durables »

En attendant, les constructeurs français et leurs sous-traitants se préparent à affronter des lendemains délicats. Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Christian Streiff, prévoit une année 2009 « terriblement difficile ». Même son de cloche pour le DG de Renault, Carlos Ghosn, pour qui la « survie d’un certain nombre de constructeurs » se jouera « dans les mois à venir ». La chute du secteur serait, selon les économistes, une catastrophe pour l’économie : l’industrie représente, il est vrai, pas moins de 10 % de l’emploi salarié en France, soit 2,5 millions de personnes.
Pour sortir de la crise, Renault n’hésite pas à parier sur l’avenir. Le constructeur a confirmé hier la poursuite de sa stratégie de rupture en matière de réduction des émissions de CO2 avec le développement de véhicules électriques « Zéro émission ». Deux prototypes innovant ont même été présentés aux États Généraux : le ZE Concept (qui préfigure les véhicules électriques de Renault qui seront commercialisés à partir de 2011) et le Scenic ZEV H2, véhicule électrique équipé d’une pile à combustible qui sera développé à l’horizon 2015-2020.


Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)