
Hier à la sortie de l’Elysée, Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement.©Elysée
Initiatives tous azimuts : recevant hier les ONG et personnalités investies dans Copenhague, Nicolas Sarkozy a annoncé une série d’initiatives diplomatiques de la France pour fédérer les pays africains grands perdants de l’échec du sommet, les pays forestiers, et permettre à l’Union européenne de reprendre l’initiative. Premiers rendez-vous en janvier à Paris et à Addis Abeba.
« Après la chute, on remonte tout de suite à cheval ». C’est par cette métaphore qu’Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement, a résumé la prestation du chef de l’Etat devant les ONG et les personnalités qui s‘étaient investies dans le sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague et dont les conclusions ont tant déçu. « Je repars à l’attaque » n’a cessé de répété Nicolas Sarkozy, annonçant comme un plan B avec une série d’initiatives diplomatiques visant à fédérer les pays d’Afrique, les grands pays forestiers et à permettre à l’Union européenne de reprendre l’initiative.
Africains, révoltez-vous !
Plusieurs rencontres internationales sont dores et déjà programmées ou en cours d’organisation pour préparer les rendez-vous de Bonn en juin 2010 et de Mexico au mois de décembre suivant. Le président de la République a annoncé la tenue à Paris fin janvier d’une rencontre internationale entre les représentants des grands bassins forestiers de la planète (Amazonie, Congo, Indonésie et Sibérie), rencontre qui pourrait être suivie à l’initiative de la France d’une réunion au sommet des chefs d’Etats des pays concernés. Nicolas Sarkozy a également fait savoir qu’il souhaite être invité au sommet de l’Union africaine qui doit se dérouler à Addis Abeba (Ethiopie) en février afin de lancer ce message aux pays d’Afrique considérés comme les grands perdants de l’échec de Copenhague : « Africains, révoltez-vous ! ». Et puis, Paris souhaite organiser au mois de mai prochain un sommet Afrique-France consacré à la protection de l’environnement.
L’UE doit reprendre l’initiative et le leadership
Nicolas Sarkozy a également affiché sa volonté de créer un groupe « Copenhague + » accueillant les pays qui, parmi les 28 pays qui se sont réunis le jeudi 17 décembre veille de la clôture du sommet pour rédiger dans la nuit le texte qui a permis d’arracher un consensus a minima à Copenhague, étaient favorables à une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Une réunion de ces chefs d’Etats pourrait se dérouler en mars ou en avril. Enfin, se montrant très sévère à l’égard de la présidence suédoise de l’UE et de son engagement durant le sommet, l’hôte de l’Elysée a souhaité que l’Union européenne reprenne l’initiative et le leadership. Le président a notamment annoncé son intention de lancer au niveau de l‘UE une réflexion sur la constitution d’une organisation européenne de l’environnement, ainsi que sur la création d’une taxe carbone aux frontières de l’Union, mais sans apporter plus de précisions.
Mobiliser l’opinion publique
A la sortie de l’Elysée hier, la plupart des personnalités invitées à déjeuner saluaient « le volontarisme » dont à fait preuve le président de la République durant son discours mais restaient sur leur réserve, n’oubliant que l’objectif de création d’une organisation mondiale de l’environnement qu’il leur avait présenté le 10 décembre lors de leur précédente rencontre, n’avait pu être tenu au Danemark. Ils ont aussi constaté que le plan Justice climat de Jean-Louis Borloo restait d’actualité pour l’Etat français. « Mais la France n’est pas seule », a souligné Arnaud Gossement. Le porte-parole de FNE qui regroupe 3000 associations et ONG de défense de l’environnement, a noté « deux imprécisions », l’une portant sur la manière dont les initiatives françaises s’articulent avec le processus piloté par l’ONU, l’autre sur la façon dont les ONG peuvent réintégrer le processus alors qu’elles avaient été mises à l’écart dans la dernière phase des discussions au Danemark. Un point sur lequel les associations insistent, notant que le chef de l’Etat aura besoin de l’opinion française et du relais d’opinion que forment les ONG pour aller de l’avant. « Sans cela, le risque serait de subir une onde de scepticisme et de découragement des citoyens ».