vendredi 30 juillet 2010 - n°840

Croissance verte : La formation, enjeu majeur du nouveau plan national

L’ampleur du potentiel de création d’emplois verts est « encore incertaine », selon le Conseil d’orientation pour l’emploi.©Johannes Braun & Tanguy Cadieu/Naja
À l’issue de quatre mois de concertation avec les représentants des 11 secteurs impactés par la croissance verte, le ministère de l’Écologie a présenté jeudi 28 janvier les orientations du Plan national pour les métiers de la croissance verte. Au programme : deux nouvelles formations initiales dès la rentrée 2010 et plus de 350 M€ pour soutenir l’adaptation des entreprises aux nouvelles contraintes environnementales jusqu’en 2020.
Comment verdir l’économie française ? C’est la question à laquelle le ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo et la secrétaire d’État chargée des Technologies vertes et des Négociations sur le climat Valérie Létard ont tenté de répondre à l’occasion de la Conférence nationale sur les métiers de la croissance verte, jeudi 28 janvier. Huit jours après la remise des rapports des 11 comités de filières représentant les secteurs créateurs d’emplois verts, le gouvernement a présenté les grandes lignes d’un futur plan de mobilisation national.
Principal constat : le manque de candidats à l’embauche freine la croissance. Pôle Emploi propose ainsi 16 000 offres d’emplois « verts » ou « verdissants » sans trouver preneur, alors que 75% des offres s’adressent aux personnes possédant une qualification entre le CAP-BEP et le Bac Pro. L’urgence est donc à la formation !

De nouvelles formations dès la rentrée 2010

Alors que la concrétisation des engagements du Grenelle devrait mobiliser d’ici 2020 près de 450 Mds€ d’investissements, le gouvernement propose d’injecter 369 M€ pour développer les formations et les métiers de la croissance verte. Cet engagement débouchera dès la rentrée 2010 à la création d’un bac pro d’agent qualifié dans les métiers de la gestion des déchets et d’un module de formation « technicien en énergies renouvelables » au sein du Bac Pro Electricité. Une enveloppe de 55 M€ sera par ailleurs débloquée pour soutenir la formation aux économies d’énergie dans le bâtiment. Enfin, le ministère de l’Écologie espère obtenir au titre du grand emprunt 100 M€ pour aider les secteurs impactés par le verdissement de l’économie à adapter les compétences des salariés, et 200 M€ pour soutenir les projets innovants.

Un potentiel d’emploi incertain


Concernant la création d’activité, Valérie Létard a présenté l’objectif de création de 600 000 emplois d’ici 2020 comme une « fourchette basse » en s’appuyant sur les évaluations faites par les 11 comités de filières. Selon les rapporteurs, quatre secteurs ont un solde positif : les industries électriques (225 000 emplois), les énergies renouvelables (200 000 emplois), la réalisation des infrastructures (67 000 emplois), et l’eau et les déchets (43 000 emplois). Pour les autres, la secrétaire d’État assure qu’il y aura « au minimum un maintien de l’emploi  ». Dans son rapport sur les perspectives de création d’emplois liées à la croissance verte, publié lundi, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) se montre quant à lui plus prudent. Tout en admettant que « la croissance verte peut être significativement créatrice d’emplois », le COE met en garde contre l’ « ampleur encore incertaine » de ce mouvement, notamment en raison des pertes d’emploi qu’il pourrait provoquer. D’après le Conseil, seul un véritable « plan Marshall de la formation », permettra de répondre aux ambitions affichées.


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