
Total invoque la « baisse structurelle de la consommation de produits pétroliers », pour motiver la décision de fermer sa raffinerie de Dunkerque.©DR
Total a confirmé lundi matin le démantèlement de sa raffinerie de Dunkerque, à l’arrêt depuis septembre dernier. Le groupe a annoncé dans la foulée la reconversion du site en établissement industriel et technique et sa participation au futur terminal méthanier d’EDF, promettant qu’il n’y aurait « aucun licenciement ».
La raffinerie des Flandres ne redémarrera pas ! À l’occasion d’un ultime comité central d’entreprise, la direction de Total a présenté lundi matin un projet de « mutation industrielle » qui prévoit « l’arrêt de l’activité de raffinage » sur son site de Dunkerque. Le groupe pétrolier précise que ce projet sera mené « sans aucun licenciement », et s’engage à garantir un emploi à « chaque salarié concerné ». Comment ? D’abord en transformant le site en un établissement industriel et technique comprenant un centre d’assistance technique aux opérations de raffinage, centre de formation aux métiers techniques du raffinage et un dépôt logistique. Avec quelque 240 postes à pourvoir, un tel établissement permettrait « le maintien de 2/3 des emplois actuels » selon Total. Tandis que le sort de l’unité de production de biocarburants existante (ETBE) devrait être discuté dans les mois à venir, le Groupe entend proposer à ses partenaires du projet BioTFuel d’installer à Dunkerque un pilote de seconde génération avec une trentaine d’emplois supplémentaires à la clé. Les salariés restants auront le choix entre un poste dans un autre établissement du groupe en France ou une retraite anticipée.
Vers une nouvelle grève ?
Comme pour exorciser la gronde de son personnel, Total a annoncé dans la foulée la signature d’un accord qui prévoit sa participation au futur terminal méthanier d’EDF à Dunkerque. L’unité, qui traitera d’ici 2014 l’équivalent de 20 % de la demande gazière française mobilisera plus de 1200 personnes pendant sa construction, et devrait déboucher sur la création d’une cinquantaine d’emplois directs et de 150 emplois indirects. Une opération séduction qui n’a pas convaincu les 370 salariés de la raffinerie des Flandres, en grève depuis le 12 janvier. Ils étaient près de 300 hier matin, venant de Dunkerque et des cinq autres sites du groupe, à brandir la menace d’une nouvelle grève devant le siège parisien de Total à la Défense, suite à l’annonce de la décision de fermer leur outil de travail.