
Hier à Paris, à la sortie de la conférence internationale sur les grands bassins forestiers.©P.Ségrette
La France demandera lors du prochain G20 la création d’une taxe sur les transactions financières afin d’aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique. A Copenhague la communauté internationale s’était engagée à verser 100 Md$ par an d’ici 2020.
A l’occasion du prochain G20 qui se déroulera au mois de novembre prochain, la France emandera la création d’une taxe sur les transactions financières afin de financer l’aide aux pays pauvres en faveur de lutte contre le réchauffement climatique. C’est ce qu’a annoncé Nicolas Sarkozy hier à Paris, à l’occasion de la conférence internationale sur les grands bassins forestiers. Rappelant que Copenhague avait débouché sur un accord de financement à hauteur de 100 Md$ par an à l’horizon 2020 et que 20% de cette somme devait être réservés en vertu de l’agenda REDD-Plus à la lutte contre la déforestation, le président de la République a estimé qu’il était temps de « traiter des modalités de mise en œuvre des accords de Copenhague ». L’agenda REDD-plus prévoit une diminution progressive de la déforestation : moins 25% d’ici 2015, moins 50% d’ici à 2020, arrêt total en 2030.
Une ONU indispensable mais peu efficace
Pour obtenir ces financements, Nicolas Sarkozy a estimé qu’il fllait « amener le secteur privé à prendre toute sa part » car il ne suffit pas d’arrêter la déforestation, il faut aussi permettre aux populations concernées d’accéder au développement économique et social. Evoquant les prochaines échéances internationales, et notamment le rendez-vous de Cancun en décembre, la France estime que les « négociation doivent repartir sous l’égide des nations unies » à « condition que les résultats soient au rendez-vous ». Critiquant la règle de l’unanimité, il a constaté que « L’ONU est indispensable » mais qu’elle « ne fonctionne pas ». Aussi appelle-t-il à changer les « méthodes de travail » en s’inspirant du travail du « groupe des 28 » qui, dans la nuit précédent la clôture de Copenhague, avait réuni les représentants de 28 pays pour déboucher sur la rédaction d’un texte ayant rapporté l’adhésion de 100 chefs d’Etat.
Les clivages ne sont plus entre Nord et Sud
Le chef de l’Etat a également rappelé que la France vient d’accorder le libre accès aux images du satellite Spot pour cinq ans aux pays forestiers du bassin du Gabon afin de suivere le couvert de la forêt, qu’il préconiserait au niveau international la « la réalisation d’études sur les impacts de l’agenda REDD-Plus pour concilier lutte contre la pauvreté et lutte contre la déforestation », ainsi que la création d’une plateforme internationale d’experts, « un GIEC de la biodiversité » dont l’acte de naissance pourrait être signé lors de la prochaine conférence des nations unies. Enfin, Nicolas Sarkozy a demandé aux représentant des pays africains, américains et indonésiens invités, « de comprendre que le clivage n’est pas un clivage nord sud, mas un clivage entre les pays qui veulent agir et avoir des résultats et ceux qui veulent attendre el laisser passer l’orage ».