mardi 7 septembre 2010 - n°867

Pollution Nucléaire : 100 000 € requis contre la filiale d’Areva à Tricastin

Des rejets d’effluents nucléaires dans l’environnement en 2008 à l’origine de la mise en accusation de Socatri filiale d’Areva à Tricastin.©Naja
La procureure de la République de Carpentras a requis une amende de 100 000 € contre Socatri, filiale d’Areva responsable en 2008 de fuite de 74 kilos d’uranium dans l’environnement à la centrale nucléaire de Tricastin, dans le Vaucluse. Les parties civiles réclament 20 000 € de dommages.
La procureure de la République de Carpentras (Vaucluse) a requis jeudi 17 juin 100 000 € d’amendes contre la Socatri ainsi que "la fermeture définitive de la zone de stockage litigieuse". Socatri, filiale d’Areva, gère sur le site de la centrale nucléaire de Tricastin l’usine de traitement des déchets radioactifs spécialisée dans leur décontamination et dans le démantèlement des effluents de matières nucléaires. Dans le nuit du 7 au 8 juillet 2008, suite au débordement d’une cuve, 74 kilos d’uranium avaient été rejetés dans la nature. La filiale d’Areva était convoquée devant le tribunal de Grande instance jeudi 17 juin pour avoir "jeté, déversé ou laissé s’écouler dans les eaux superficielles, souterraines, ou les eaux de la mer (...) une ou des substances quelconques, dont l’action ou les réactions ont, même provisoirement, entraîné des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la faune".

Les cours d’eau pollués

De fait, les rivières environnantes avaient été polluées et des mesures de protection du public avaient dû être prises. Socatri est aussi poursuivie pour avoir "omis de déclarer sans délai à l’Autorité de sûreté nucléaire et au représentant de l’Etat dans le département du Vaucluse l’incident". Or, la loi Transparence et sécurité votée en 2006 fait obligation d’information et de transparence aux exploitants. Socatri avait fait valoir après les faits que « la quantité d’uranium rejetée dans l’environnement correspond à 0,1 % de la quantité d’uranium d’origine naturelle charriée par le Rhône chaque année", autrement dit la teneur en radioactivité était faible. Affirmation que conteste le réseau Sortir du nucléaire qui rappelait à l’ouverture du procès que « 30 m3 d’effluents chargés d’uranium ont contaminé les eaux superficielles, privant la population d’eau potable, et polluant des lieux de baignade fréquentés. Des niveaux élevés de contamination radioactive ont également été repérés dans les nappes phréatiques ». L’association dénonce « des négligences scandaleuses » et estime que l’incident aurait dû être classé au niveau 3 alors qu’il a été classé au niveau 1 de l"échelle internationale des événements nucléaires (Ines) qui en compte 7 .

Des négligences « non acceptables »

Depuis 2008, la zone où avait eu lieu cet incident a été fermée. Dans une déclaration faite à l’AFP, le directeur d’Areva à Tricastin a admis "qu’un certain nombre de faits qualifiés de négligence par la procureure de la République, étaient non acceptables dans une société comme Areva". Plusieurs associations de défense de l’environnement (Sortir du Nucléaire, Environnement Méditerranéen, France Nature Environnement, l’Union régionale Vie et nature, Greenpeace, Les Amis de la Terre, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité), se sont portés partie civile en même temps qu’une dizaine de riverains. Les parties civiles ont réclamé pour leur part 20 000 € de dommages.Le jugement a été mis en délibéré jusqu’en octobre.


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