
Construit en 2000, le laboratoire de Bure vise à évaluer les propriétés de confinement des argilites situées à 500 m de profondeur.©DR
L’Andra a publié le 25 juin un rapport qui retrace quatre années de recherches sur le stockage géologique de déchets radioactifs sur le site de Bure dans la Meuse. Géologie, environnement, physique et chimie des matériaux de confinement, migration des radionucléides, quelque 70 laboratoires ont travaillé de concert pour étudier la durabilité des procédés mis en œuvre.
Alors que le stockage géologique de déchets nucléaires à vie longue qui promet de protéger durablement l’environnement des dangers de la radioactivité reste pour le moins controversé, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) dresse un bilan de quatre années de recherches en la matière. Le rapport, publié le 25 juin dernier, reprend l’ensemble des études menées entre 2006 et 2009 au sein du laboratoire de Bure dans la Meuse. À commencer par l’étude du milieu géologique à proprement parler, dont une reconnaissance approfondie sur la période 2007-2008 a permis fin 2009 de proposer une zone de reconnaissance approfondie de 30 km2. Une dernière campagne de sismique 3D devrait aboutir prochainement à la localisation du futur site de stockage. Outre ces recherches sur la géologie elle-même l’Andra a mis en place depuis 2007 en Meuse/Haute Marne un Observatoire de l’environnement sur plusieurs centaines de km2. Le programme qui devrait s’étaler sur une centaine d’années entend réunir une importante communauté scientifique pour étudier les cycles de différents éléments chimiques d’origine humaine dans la biosphère.
Modéliser pour optimiser le stockage
Concernant le stockage à proprement parler, l’Andra a travaillé au développement de moyens expérimentaux permettant d’étudier les interactions sur le long terme entre les déchets et les matériaux utilisés pour leur confinement. Les résultats de ces expériences ont notamment permis d’évaluer plus précisément les vitesses de corrosion de l’acier et d’altération du verre composant les alvéoles de stockage. Des données essentielles pour optimiser la composition de ces matériaux et dimensionner les infrastructures souterraines. La modélisation des contraintes hydriques, chimiques, mécaniques et thermiques auxquelles seront soumises les alvéoles sont également au coeur des préoccupations de l’Andra. L’étude de ces phénomènes vise en effet à garantir la stabilité du stockage au cours de la période d’exploitation réversible, mais et surtout pendant les milliers d’années qui suivront sa fermeture. Dans la même optique, l’amélioration de la base de données thermodynamiques permet de mieux prévoir le comportement des éléments chimiques face aux conditions du milieu.
Modéliser pour mieux évaluer la performance
Les études portent enfin sur une estimation plus précise des vitesses de migration des radionucléides au sein des couches argilites entourant le laboratoire de Bure. Une expérience de diffusion initiée en 2005 et achevée en 2009 sur le site a abouti à une meilleure compréhension des mécanismes mis en jeu. L’ensemble des données physiques et chimiques ainsi recueillies ont abouti à des évolutions logicielles et matérielles à même d’accroître considérablement la précision de l’évaluation de la performance du futur stockage géologique profond. Parallèlement, des actions de recherche en sciences humaines et sociales menées depuis 2008 ont permis d’avancer vers une définition de la notion de réversibilité du stockage profond. Une concertation qui a trouvé son point d’orgue lors d’un colloque national organisé en juin 2009. Ces quatre années de travail sont le fruit de la collaboration de quelque 70 laboratoires de différents organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur réunis autour de l’Andra. Les différents sujets traités ont donné lieu à quelque 242 publications scientifiques internationales et à la soutenance de 28 thèses de doctorat.