mardi 7 septembre 2010 - n°867

UE : Vers une diplomatie européenne

Devant Catherine Ashton, les eurodéputés ont approuvé la création d’un service diplomatique de l’UE.©communautéseuropéennes
Les eurodéputés ont adopté jeudi la création du Service européen d’action extérieure que lui proposait la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères. Une création qui concrétise des dispositions du Traité de Lisbonne déjà présentes dans le projet de traité constitutionnel européen.
Les eurodéputés ont approuvé jeudi 8 juillet à Strasbourg la création du premier service diplomatique de l’Union européenne. Ce dernier, sera dirigé par la britannique Catherine Ashton qui occupe depuis la nomination de la nouvelle Commission au lendemain des élections européennes il y a un an le poste de vice-présidente mais surtout celui de Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Cette nouvelle direction de la Commission, baptisée Service européen d’action extérieure (SEAE), sera pourvue de 6 000 fonctionnaires, diplomates et experts des questions internationales, dont la vocation sera d’essayer de faire en sorte que l’Europe parle d’une seule voix et, comme l’a dit Catherine Ashton à Strasbourg, de « construire une politique étrangère plus forte".

La difficulté de faire parler l’Europe d’une seule voix

La chose ne sera pas forcément aisée comme l’ont montré récemment les divergences de vue des divers dirigeants des Etats membres de l’UE à propos de Gaza. La toute première diplomate en chef de l’UE doit s’y rendre les 17 et 18 juillet, suite à l’allègement du blocus annoncé par Israël après son attaque meurtrière en mer contre une ONG turque. Une visite qui se fera indépendamment de celles prévues par les ministres des affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, d’Italie et d’Espagne qui ont chacun séparément annoncé leur venue dans la bande de Gaza pour la fin du mois. La nomination de la travailliste de la chambre des Lords Catherine Ashton à son poste au sein de la commission avait laissé la plupart des observateurs sceptiques. Quasiment inconnue sur la scène internationale, sans grande expérience dans les relations extérieures, telles étaient en substance les principales observations faites à l’égard de cette baronne originaire du Lancarshire en Angleterre. La voici désormais au pied du mur, devant constituer une équipe de cadres dans laquelle les plus puissants des Etats membres voudraient bien voir nommer des personnalités de confiance. Les postes clefs sont celui de secrétaire général exécutif du SEAE, ceux des deux secrétaires généraux adjoints, celui de directeur général du budget et enfin. Le Service sera également pourvu de 136 délégations dans le monde.

La mise en œuvre de Lisbonne

La diplomatie de l’Union européenne entre donc dans une phase de concrétisation. Elle est inscrite dans le cadre du Traité de Lisbonne entré en vigueur fin 2009. En termes de gouvernance de l’UE, il accorde un rang co-législateur au Parlement européen, à côté de la Commission et du Conseil des ministres. Mais il prévoyait aussi la nomination d’un président du Conseil européen disposant d’un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois : il s’agit du belge Herman Van Rompuy ; et celle du Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Une configuration peut éloignée de ce que préconisait le projet de Traité constitutionnel européen qui n’a jamais été adopté, en raison notamment du refus de plusieurs pays, dont la France, qui en mai 2005 l’avait rejeté au cours d’un referendum où le « non » l’avait emporté par près de 55% des suffrages.


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