
En matière de green IT, les entreprises semblent plus sensibles aux arguments économiques qu’écologiques. © DR
Si de nombreuses PME innovantes proposent des solutions informatiques « vertes », l’intégration de ces solutions dans les entreprises reste timide. Retour sur les principaux freins au déploiement de ces solutions.
Alors que les solutions innovantes de « green IT » se multiplient, elles peinent encore à être intégrées dans les politiques « informatique » des entreprises. Selon la définition du Journal Officiel, les « green IT » sont des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) dont la « conception ou l’emploi permettent de réduire les effets négatifs de l’activité humaine sur l’environnement » (réduction des consommations d’énergies par exemple). Une table ronde, organisée fin juin par Amezis, agence de conseil en environnement, sur le thème « Green IT, mythe ou réalité dans les entreprises », permettait de faire le point sur les freins à la mise en place de politique informatique tournée vers les technologies vertes.
Une « rééducation collective »
Selon une étude menée par le cabinet Forrester auprès de 600 entreprises, seules « 47 % des sociétés mondiales intégreraient les contraintes du Green IT dans leur politique informatique ». « Une démarche tournée vers le Green IT prend du temps et est difficile à mettre en œuvre » rappelle Thierry Michalak, DSI adjoint de TF1 et membre du club développement durable du groupe Bouygues. Selon lui, il s’agit d’une « véritable rééducation collective, qui doit se faire en douceur ». Pourtant, le simple fait que les salariés éteignent leurs ordinateurs à la fin de leur journée de travail doit, à terme, permettre « à TF1 de faire plus de 80 000 euros d’économie d’énergie par an » estime-t-il.
L’aspect économique avant l’engagement environnemental
L’argument économique reste en effet le meilleur atout des solutions de green IT. « La majorité des entreprises gardent en tête une problématique de rentabilité avant tout investissement ce qui explique qu’aujourd’hui les solutions Green IT doivent avant tout être économiques et non écologiques ! » estime Pierre Duchesne, président et fondateur d’Avob. « Les décideurs des grands comptes doivent systématiquement prendre en considération pour leurs prises de décisions deux paramètres essentiels : la réalité économique et les obligations écologiques. Cette crainte articulée autour du spectre de la rentabilité peut nuire au bon souhait d’une entreprise à entreprendre une réelle démarche de développement durable ».
Le « Green IT 2.0 »
Autre frein identifié : le manque d’informations sur les solutions et produits Green IT existants sur le marché. Pour Pierre Duschesne, les PME proposant des Solutions Green It (datacenters, logiciels, ordinateurs...) doivent entrer dans le « Green IT 2.0 », c’est-à-dire se fédérer pour proposer des solutions complémentaires. Elles doivent collaborer et créer des ponts entre les solutions, les distributeurs et les clients finaux.