
Face à l’une des premières grosses tempêtes de l’année, les bateaux travaillant contre la marée noire ont reçu le 22 juillet l’ordre de quitter les lieux ©DR
Alors que les bateaux luttant contre la marée noire dans le Golfe du Mexique ont reçu ce week-end l’ordre de quitter les lieux pour cause de tempête tropicale, un technicien de BP a fait vendredi 23 juillet une déclaration fracassante. Entendu par une commission d’enquête américaine, il a révélé que le système de sécurité de la plateforme avait été débranché avant l’explosion.
La responsabilité de BP dans l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril dans le Golfe du Mexique, est à nouveau sur la sellette. Selon Mike Williams, un ingénieur de forage travaillant alors sur le site, une alarme aurait été volontairement désactivée quelques mois avant la catastrophe. Suspecté de se déclencher de manière intempestive, le système censé indiqué une accumulation dangereuse de gaz méthane aurait été débranché afin que « les employés ne soient pas réveillés à trois heures du matin par de fausses alertes ». Le chef des techniciens électroniques a précisé que les capteurs fonctionnaient mais n’étaient pas programmés pour déclencher une alarme en cas d’urgence. Une déclaration auprès des enquêteurs qui a fait l’effet d’une bombe, mais qui reste néanmoins à prendre avec précaution. L’information contredit en effet d’autres témoignages. Ainsi, en mai, citant une enquête interne de BP, des élus américains avaient assuré que trois signaux avaient alerté les employés dans l’heure précédant l’explosion de l’imminence d’un danger.
La menace des cyclones
Le pétrolier britannique est plus que jamais dans le collimateur de l’administration américain qui tente de déterminer avec précision son rôle dans la pire marée noire des Etats-Unis. Selon le Wall street Journal, deux responsables de BP feraient également l’objet d’une enquête fédérale afin de déterminer leur éventuelle responsabilité dans l’explosion de Deepwater Horizon : Robert Kaluza, un responsable de la firme britannique qui supervisait les opérations sur le site, et Patrick O’Bryan, vice-président de BP en charge des forages.
La tempête tropicale Bonnie est venu ce week-end compliquer un peu plus la stratégie du pétrolier pour stopper définitivement la fuite de pétrole et la pollution engendrée. Les vents violents et la houle ont retardé d’au moins quelques jours les opérations contre la marée noire, selon Thad Allen, commandant du dispositif mis en place pour lutter contre la catastrophe. Selon le groupe pétrolier BP, le couvercle installé dix jours plus tôt pour colmater la fuite, peut résister à ce type tempête. Une course contre la montre s’est néanmoins engagé avant l’arrivée des premiers cyclones, habituels dans cette partie du monde dès la fin de l’été. Selon leur violence, ils pourraient sérieusement remettre en cause les travaux du pétrolier.