
De fausses pancartes ont été apposées hier par Greenpeace sur les enseignes des stations service de Londres ©DR
Alors que du pétrole continue à se déverser dans le Golfe du Mexique, la colère est montée hier d’un cran contre le groupe britannique. Des militants de Greenpeace ont symboliquement bloqué près d’une cinquantaine de stations service BP dans le centre de Londres. Au même moment, le pétrolier annonçait le départ de son directeur général, Tony Hayward, très critiqué pour sa gestion de la marée noire.
Des militants de Greenpeace ont stoppé mardi 27 juin l’accès à 46 stations service BP du centre de Londres. De fausses pancartes ont été apposées sur les enseignes, symbolisant la catastrophe du golfe du Mexique avec un soleil vert et jaune, logo du pétrolier, sur une nappe de pétrole. « Ils ont changé de patron, nous nous voulons qu’ils changent aussi de stratégie. Aussi bien dans le golfe du Mexique, qu’au Canada avec l’exploitation de sable bitumeux, ou encore en Arctique à la biodiversité fragile, a commenté John Sauven, directeur de Greenpeace au Royaume-Uni. Qu’ils développent du gaz plus propre et des énergies renouvelables ». Barack Obama maintient également la pression sur BP, suspecté de négligence dans l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril dernier. « BP ne quittera pas le golfe sans faire face à ses responsabilités : reboucher le puits, nettoyer les dégâts causés par la marée noire et indemniser les victimes », a encore lancé lundi 26 juillet le porte-parole de la Maison blanche.
Départ du directeur de BP
Pour tenter d’apaiser la colère qui enfle, le conseil d’administration de BP a approuvé lundi la nomination de l’Américain Robert Dudley qui remplacera Tony Hayward, directeur général de la compagnie, dès le 1er octobre prochain. Déjà en charge des opérations depuis début juin, le nouveau responsable va devoir faire face à une lourde mission. Premier objectif : stopper définitivement la fuite de pétrole. Les travaux en cours ont dû été interrompu par le passage de la tempête Bonnie le week-end dernier et l’opération « Static kill », opération cruciale destinée à condamner le puits, a dû être reportée à début août. Cette manoeuvre délicate à 1.500 mètres de profondeur, dont rien ne garanti encore le succès, consistera à injecter un mélange d’eau et de matières solides par la tête du puits avant de le sceller avec du ciment. Autre tâche délicate pour le nouveau patron de BP : redorer une image sérieusement écornée. La multinationale est très critiquée pour sa gestion de la catastrophe.
Une pollution historique
Le nettoyage de la zone pollué sera particulièrement conséquente. Considérée comme la pire catastrophe écologique des États-Unis, la marée noire souille désormais les côtes de pas moins de quatre États, de la Louisiane à la Floride. En trois mois, ce sont plusieurs millions de litres de pétrole qui se sont déversés dans l’océan, perturbant pour plusieurs décennies l’écosystème local et tuant de nombreux animaux.
Dans les comptes publiés mardi 27 juillet, le groupe annonce une perte ajustée de 16,9 milliards de dollars au deuxième trimestre, la plus grosse perte trimestrielle de l’histoire des entreprises britanniques, due aux provisions constituées pour faire face au coût de la marée noire. BP affirme consacrer plus de 32 milliards de dollars (25 milliards d’euros) à la catastrophe écologique dont les 20 milliards de dollars placés sous séquestre pour assurer l’ensemble des dédommagements et les 2,9 milliards déboursés jusqu’à présent pour le nettoyage et les premiers dédommagements. Reste que l’ampleur des pertes de la compagnie cache de bon résultat en termes d’exploitation. Sans l’impact des charges liées à la marée noire, le groupe aurait annoncé un bénéfice de quelques cinq milliards de dollars. Pour assurer ces dépenses, BP a annoncé vouloir vendre pour 30 milliards de dollars d’actifs au cours des 18 prochains mois, notamment des biens liés à l’exploration pétrolière.