jeudi 2 septembre 2010 - n°864

Eau potable : Un droit fondamental

Environ 884 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et salubre dans le monde ©DR
L’assemblée générale de l’ONU a adopté mercredi 28 juillet une résolution dans laquelle elle déclare que le droit à une eau potable, salubre et propre est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». L’enjeu reste planétaire avec 884 millions de personnes qui n’ont toujours pas accès à une eau potable et salubre et plus de 2,6 milliards à des services d’assainissement.
La nouvelle résolution de l’ONU appelle les États et les organisations internationales à « fournir des ressources financières, à renforcer les capacités et à procéder à des transferts de technologies, grâce à l’aide et à la coopération internationales, en particulier en faveur des pays en développement ». L’objectif est d’accroître les efforts pour fournir « de l’eau potable, salubre, propre, accessible et abordable et l’assainissement pour tous ». La situation reste en effet dramatique à travers le monde : environ 884 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et salubre et plus de 2,6 milliards n’ont pas accès à des services d’assainissement. « Près de 1,5 million d’enfants âgés de moins de 5 ans meurent chaque année de maladies d’origine hydrique ou liées à l’absence de services d’assainissement », rappelle la résolution.

Les Objectifs du Millénaire

Dans sa résolution, qui a obtenu 122 votes pour, 0 contre et 41 abstentions, l’Assemblée générale reconnaît « l’importance que revêt l’accès équitable à une eau potable salubre et propre et à des services d’assainissement, qui fait partie intégrante de la réalisation de tous les droits de l’homme ». Le texte réaffirme aussi la responsabilité des Etats dans « la promotion et la protection de tous les droits humains qui sont universels, indivisibles, interdépendants et intimement liés qui doivent être traités globalement, de manière juste et égale, sur un pied d’égalité et avec la même priorité ». Les Etats membres rappellent également l’engagement de la communauté internationale à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment l’objectif 7 qui visait, en 2000, à « réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base ».

Une experte indépendante

Enfin, l’assemblée générale salue la décision qu’a prise le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies de demander à une experte indépendante, Catarina de Albuquerque, en charge de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de lui présenter un rapport annuel. L’objectif de sa mission est d’établir un dialogue avec les gouvernements, les Nations Unies, le secteur privé, les autorités locales, les organisations de la société civile et les instituts universitaires. Elle doit également proposer des recommandations afin de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier l’objectif 7.
Certains pays ont regretté l’absence dans la résolution d’une référence à la responsabilité première des États en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement. Les délégations se sont fixé rendez-vous du 20 au 22 septembre prochain à New York au Sommet sur les objectifs du millénaire pour le développement et en mars 2012 à Marseille au Forum mondial sur l’eau.


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