dim. Jan 29th, 2023
Environ 1 200 personnes étaient réunies jeudi soir 10 février à Villeneuve-de-Berg pour une réunion d’information. Une affluence qui dans cette région rurale témoigne du fort rejet que suscite le projet d‘exploration et d’exploitation de gaz de schiste, à l’image de la contestation qui s’étend à tous les territoires concernés en France.
« Nous demandons l’annulation de l’arrêté (autorisant la recherche de gaz de schiste – NDLR) car un tel projet exige qu’un vaste débat public ait lieu avant toute exploitation du sol français. En cas de refus, nous nous opposerons par tous les moyens à ce projet pour préserver l’avenir de nos enfants ». Jeudi soir 10 février, Claude Pradal, Maire de Villeneuve-de-Berg (Ardèche), affichait toute sa détermination à empêcher GDF-Suez associé à l’américain Schuepbach, de procéder au forage d’exploration de gaz de schiste programmé sur sa commune pour le quatrième trimestre. Environ 1 200 personnes participaient à une réunion publique organisée par la Mairie et le collectif local créé pour s’opposer au projet dans ce village dont un des permis d’exploration porte le nom.

Une salle trop petite pour accueillir tout le monde
A la tribune, outre le Maire de Villeneuve, Jacques Lebrat le Maire de Valvignères où doit se dérouler un second forage, Jean-Paul Roux le conseiller général du canton et président de la communauté de communes Berg-Coiron, les représentants du collectif villeneuvois et du collectif 07, un géologue à la retraite et un spécialiste des questions énergétiques ; sur le parquet, des représentants d’associations, des élus et Maires d’autres communes concernées par le périmètre du permis, mais surtout de « simples citoyens » venus s’informer, questionner et débattre ; la salle omnisport était soudain devenue trop petite pour contenir tout le monde, certains bravant le froid et le brouillard pour suivre les discussions depuis l’extérieur. Du jamais vu dans cette commune de 3 000 habitants !

Des moyens d’actions déterminés et pacifiques

La mobilisation dont ont fait preuve jeudi soir les ardéchois est à l’image de celle qui s’étend de jour en jour à travers les territoires concernés par des permis qui dans le reste de la France ne concernent pas seulement le gaz de schiste mais aussi les huiles de schiste ou les sables bitumeux. Les représentants des collectivités ont fait état de délibérations ou de démarches pour tenter d’interdire les forages, pour demander un vrai moratoire, la saisine du Conseil national du débat public ou même la révision du code minier qui donne toute puissance aux industriels titulaires des permis. Le collectif a proposé une assistance juridique pour les communes et les propriétaires de terrains susceptibles d’être réquisitionnés pour les forages, appelé à la mise en place de pyramides téléphoniques pour donner l’alerte en cas d’arrivée des premiers camions, rappelé l’existence d’une pétition en ligne et annoncé la préparation d’une manifestation. Les plans d’action se mettent en place pour tout faire afin de bloquer les projets, « par tous les moyens », mais pacifiquement.